TROISIÈME PARTIE : L’EXTRÊME DROITE PREND POSITION EN ISRAËL (4)
TROISIÈME ET DERNIÈRE PARTIE DE NOTRE DOSSIER.
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Le premier parti d’extrême droite israélien est Israël Beitenou, dirigé par Avigdor Lieberman, représentant des immigrants juifs de l’ancien bloc soviétique, majoritairement russes. Près d’un million de ces nouveaux citoyens - environ un sixième de la population israélienne – pour une part d’entre eux imprégnés de préjugés racistes anti-arabes – participent de l’éclatement « communautaire » qui marque de plus en plus fortement les élections en Israël. Comme nous l’avons vu, le fonds de commerce idéologique et politique d’Israël Beitenou est le transfert des Arabes israéliens vers des enclaves palestiniennes dans une Cisjordanie intégrée à l’Etat hébreu. Ainsi verrait le jour un « Etat juif ethniquement homogène » de la Mer Méditerranée jusqu’au Jourdain, abritant en son sein des bantoustans auto-administrés. Lui-même habitant de la colonie de Nokdim, Avigdor Lieberman s’est illustré en mai 2007 lors d’un débat au Parlement qui lui a valu un rappel à l’ordre du Premier ministre Ehud Olmert et une qualification « de dangereux extrémiste » par Shimon Peres. Il avait déclaré : « Est-ce que je les vois [les Arabes israéliens, ndlr] comme des citoyens de l’Etat d’Israël ? Non. Sont-ils coupables ? Oui. Ils doivent trouver un autre endroit où ils se sentiront à l’aise. Les membres de la Knesset qui collaborent avec l’ennemi doivent être jugés, exactement comme à la fin de la Deuxième Guerre mondiale il y a eu le procès de Nuremberg et l’exécution de la direction nazie ». Et le politicien de préconiser également le « bombardement de centres commerciaux à Ramallah, pour l’exemple » (Yedioth Ahronoth, 15 mars 2002), ou de « noyer les prisonniers palestiniens dans la Mer Morte » (propos rapportés par The Guardian, 25 juillet 2003). Sans commentaire… Dans un entretien publié en septembre 2006 pour le journal Hatzofeh, organe du Parti National-Religieux, il déclare encore : « Je suis tout à fait favorable à la démocratie mais lorsqu’il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives sont prépondérantes ». Avec 9% des voix et 11 sièges, Israël Beitenou est devenu le cinquième parti politique d’Israël.
électoraux, Moledet a contribué à largement populariser la notion de « transfert » des population arabes. Cette idée recueille régulièrement de bons résultats dans les sondages israéliens (jusqu’à 40%), bien qu’elle soit rejetée par l’ensemble de la classe politique traditionnelle du pays. Ce qui permet, bien entendu, au Parti National-Religieux et à Moledet de roder le discours éculé de stigmatisation de l’establishment, vieux réflexe de l’extrême droite.
Effie Eitam est la figure tutélaire qui symbolise cette radicalisation du PNR. Auréolé du prestige militaire que lui a conféré sa carrière d’officier de Tsahal, il a quitté l’armée qui lui refusait la promotion au rang de général à laquelle il aspirait en raison de son racisme affiché et de ses positions ultranationalistes. Qualifiant les Arabes israéliens de « cancer dans le corps de la nation » (Haaretz, 24 mars 2002), il est devenu l’un des principaux pourvoyeurs de la purification ethnique pour résoudre la question palestinienne. Les dirigeants nazis eux-mêmes comparaient les Juifs à un « cancer dans le corps sain de l’Allemagne », comme l’a relevé le journaliste Akiva Eldar le 4 avril suivant dans le même quotidien israélien (« A nazi by any other name »). Légèrement mégalomane, Effie Eitam se compare au Roi David, qui s’est « voué à l’Eternel et à la défense de son peuple ». Son idéologie ultranationaliste se couple à une défense de l’orthodoxie judaïque sur le plan sociétal. Obsédé par « l’américanisation » d’Israël (c’est-à-dire la pénétration des valeurs libérales de l’Occident), dont le symbole serait la ville du péché, Tel-Aviv, il lutte pour empêcher la « déjudaïsation » de l’Etat hébreu par un retour aux valeurs religieuses traditionnelles.
Enfin, le Parti National-Religieux est la principale courroie de transmission des néo-chrétiens en Israël, en lien avec le CUFI du pasteur évangéliste américain John Hagee (Christians United For Israel). Communiant ensemble dans la nécessité de chasser tous les Arabes de la Terre Promise afin de permettre au plus vite le retour du Christ qui hâterait la Fin des Temps, John Hagee et Binyamin Elon se sont farouchement indignés de l’inquiétude du rabbin américain Eric H. Yoffie qui a qualifié les chrétiens sionistes de « dangereux extrémistes ». Benyamin Elon, par ailleurs président du groupe des « Alliés Chrétiens » à la Knesset, a décrit au contraire John Hagee comme un « visionnaire courageux » (sic) et un « éminent dirigeant spirituel ». C’est vrai : Yahvé, le guide céleste de Benyamin Elon, n’a-t-il pas envoyé ici-bas un certain Adolf Hitler pour détourner les Juifs de cette infâme diaspora et les enjoindre de retrouver au plus vite leur Terre Promise ? C’est en tout cas ce que croit John Hagee ! Il est donc normal, finalement, que ces deux compères illuminés, abrutis de fanatisme religieux, se rejoignent sur l’essentiel !
Le troisième et dernier mouvement parlementaire extrémiste n’est pas un parti d’extrême droite, mais le parti intégriste ultra-orthodoxe des Juifs sépharades, le parti Shass. Comme le PNR, Shass n’est pas extrémiste à ses débuts, et son programme politique insiste surtout sur les mesures sociales et la défense des valeurs religieuses. Mais cette fameuse radicalisation qui a suivi la signature des accords
d’Oslo a également touché le parti, depuis que le conseil de sages qui le dirige est dominé par un déséquilibré notoire, le rabbin raciste et fanatique Ovadia Yosef. Les anciens chefs spirituels du parti, dont les décisions juridiques sont respectées par les Sépharades du monde entier, insistaient sur la nécessité du pragmatisme dans la gestion de la question palestinienne, arguant que la loi religieuse permettait d’appuyer des concessions territoriales si cela permettait de réparer des injustices. Ovadia Yosef, en revanche, a une autre lecture, bien plus restrictive, de la complexe loi religieuse : selon lui, cette loi lui impose de lutter pour le maintien de l’ensemble de la terre d’Israël sous domination juive. Point. Et pour ceux qui ne comprendraient pas, le désaxé s’attache à « mettre les points sur les i » : Dans un entretien publié le 27 juillet 2001 pour Newsmax, le rabbin se fait prophète : « Dans la vieille ville de Jérusalem, ils [les Arabes, ndlr] fourmillent. Qu’ils aillent en enfer – et le Messie les y conduira vite ; il est écrit dans la gemara que Dieu a regretté d’avoir créé ces serpents ». Le mot « serpent » a une signification très forte pour les Juifs religieux, il s’agit de l’équivalent de « rats » ou de « vermine », des métaphores animales qui nous rappellent un passé pas si lointain… Emboîtant le pas à son confrère ès pitreries, John Hagee, il en rajoute dans l’infâme en donnant, sur CNN, son interprétation de la Shoah : selon lui, les jeunes victimes juives étaient des âmes réincarnées qui avaient ainsi expié les fautes commises dans des existences antérieures… De même, il déclare dans le Jeewish Week, à propos de l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle-Orléans : « Il y a eu un tsunami et il y a eu des désastres terribles, parce qu’on n’étudie pas assez la Torah… Les Noirs habitent là-bas [à la Nouvelle-Orléans, ndlr]. Les
Noirs étudient-ils la Torah ? [Dieu a dit] envoyons-leur un tsunami et noyons-les… Bush était derrière les expulsions de Gush Katif [colonie de la Bande de Gaza évacuée après le retrait unilatéral engagé par Ariel Sharon, ndlr], il a encouragé Sharon à vider Gush Katif… Nous avons eu 15 000 expulsions ici, en Israël, et il y a eu aux Etats-Unis 150 000 morts [sic !!]. C’était la rétribution divine… Dieu donne à chacun ce qu’il mérite ». Nous nous permettons, modestement, de conseiller à ce rabbin psychotique un bon traitement… Il n’est pas plus tendre pour ses coreligionnaires de tradition ashkénaze. Le 26 novembre 2003, dans le quotidien Haaretz, il bave : « Tous les problèmes viennent des Ashkénazes… Vous les Juifs ashkénazes, vous avez été en Occident, en enfer. Pourquoi êtes-vous venus ici ? Ce que vous dites ou faites est sans importance ». Avec 9,5% des suffrages, le parti Shass a remporté 12 sièges à la Knesset, devant le Likoud de Benyamin Netanyahu…
Mais le principal foyer de radicalité, sur le terrain, ne provient pas de ces formations parlementaires. Elles n’agissent que comme relais des aspirations racistes et suprémacistes des colons religieux et de leur projet d’un Israël ethniquement pur. Ces relais parlementaires agissent à leur tour comme lobbyistes idéologiques auprès de l’exécutif, afin de modifier de l’intérieur et sur le long terme l’orientation politique de l’Etat hébreu. Parfois organisés sur le
mode paramilitaire autour d’organisations terroristes, les colons d’extrême droite mènent un double djihad, pour emprunter à la rhétorique de leurs frères d’armes islamistes : contre les Arabes bien sûr, mais également contre le gouvernement israélien accusé du blasphème de négocier la Terre de Dieu avec les Palestiniens. Afin de comprendre l’origine de ces mouvements racistes, ultrareligieux et ultranationalistes, il faut remonter à la période trouble des années 80 qui a vu la naissance du groupe Kach dirigé par le rabbin américain Meir Kahane. Le rabbin Kahane est un émule du révisionnisme de Vladimir Jabotinsky, courant sioniste ultranationaliste qui réclamait en 1925 un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi l’actuelle Jordanie. Fondateur de la Ligue de Défense Juive (JDL), une milice activiste raciste et terroriste (selon le rapport Terrorism2000/2001 du FBI), Meir Kahane émigre en Israël en 1971 et s’emploie à travailler les élites politiques du pays dans un sens favorable à ses conceptions ultranationalistes, sans succès. Ses participations aux élections législatives se soldent par des échecs patents. Les accords de Camp David de 1979, instituant la paix entre Israël et l’Egypte, sont une étape importante dans la radicalisation de Kahane et de ses séides, dans la mesure où la « trahison » de Menahem Begin au camp nationaliste leur fait perdre toute confiance dans le système politique démocratique et institutionnel. C’est alors qu’il s’engage dans la voie de l’activisme extra-parlementaire en fondant le mouvement Kach, raciste, ultraviolent, et fanatique. Les gouvernements israéliens successifs s’attachent alors à minimiser par tous les moyens l’influence du rabbin ; la loi électorale est ainsi modifiée afin de l’exclure des élections législatives au titre « d’incitation au racisme » et de « déni du caractère démocratique de l’Etat ». Cette mise au ban du mouvement contribue paradoxalement à en renforcer l’aura au sein des colonies religieuses. À partir de 1988, Kach s’implante dans des dizaines de colonies dont il constitue progressivement l’ossature institutionnelle et idéologique. Son programme ravit les colons fascistoïdes qui se rêvent en combattants de Dieu.
L’ensemble de Eretz Israël (Israël dans ses frontières bibliques) doit être exclusivement juif, non seulement par droit historique des Juifs sur cette terre, mais aussi parce que c’est un commandement divin. « C’est l’ultime profanation du Nom de Dieu que d’abandonner la terre que Dieu nous a promise », peut-on lire sur Official Kahane Website. Dans la mesure où la violence est légitime pour assurer l’unité de la terre d’Israël, c’est par la force que les Arabes, qui n’ont aucun droit sur cette terre, doivent être déportés, y compris les citoyens israéliens. Meir Kahane avance également que la démocratie est une création occidentale, contraire à la Halakha (la loi religieuse juive), et n’a aucune valeur intrinsèque : « L’occident libéral parle du règne de la démocratie, de l’autorité de la majorité, tandis que le judaïsme parle de l’autorité divine, qui est immuable et n’est pas sujette à l’urne ou à l’erreur d’une majorité... C’est le joug de Dieu, l’effacement de notre volonté devant la Sienne qui constitue le principe essentiel du judaïsme » (Meir Kahane - Uncomfortable questions for comfortable jews - Secaucus, Lyle Stuart, 1987, P.159-160 - cité par Alain Dieckhoff). La charia (pardon : la Torah) doit être appliquée sur tout le territoire d’un Israël vide d’Arabe : « le système judiciaire ne favorisera pas plus longtemps la loi laïque par rapport à la loi de la Torah ».
F
ort de ce programme, Kach gagne en popularité en Cisjordanie, dans les colonies ultrareligieuses qui entourent la ville arabe d’Hébron, notamment. Le mouvement ne se contente pas de noyauter les implantations, il contribue à tisser un réseau de petites écoles rabbiniques sur le modèle du Merkaz Harav de Jérusalem, centre névralgique en matière idéologique et théologique du sionisme religieux en Israël. L’enseignement religieux qui y est dispensé est proche du programme du PNR ; l’alliance de cet enseignement et du programme martial de Kach devient une machine de guerre idéologique dirigée contre les Arabes au nom de Dieu. Des milliers de colons fanatisés nourris à la haine adoptent alors cette plateforme ultranationaliste. Les attaques contre les villages arabes se multiplient, jusqu’au tournant de 1994. En opposition aux accords d’Oslo, un colon ultrareligieux se réclamant de Meir Kahane, Baruch Goldstein, massacre 29 musulmans qui priaient dans le Tombeau des Patriarches à Hébron. Ce médecin se fit connaître en refusant de soigner des non-juifs durant son service militaire. Il fut alors menacé de passer en cour martiale et déclara : « Je ne suis pas disposé à soigner des non-juifs. Je ne reconnais que deux autorités religieuses : les Maimonides et Meir Kahane ». L’extermination physique des Arabes devenait l’aboutissement logique de l’application des enseignements racistes du Kach. Wikipedia rapporte : « Malgré le rejet très majoritaire de son geste au sein de la population israélienne, Baruch Goldstein devint un héros dans certaines franges de l’extrême droite, en particulier religieuse. Des cérémonies ont encore lieu en son honneur dans le cimetière de Kiryat Arba. On peut lire sur sa tombe : Ci gît un saint, Dr. Baruch Kappel Goldstein, bénie soit la mémoire d’un homme juste et saint, que Dieu venge son sang, à celui qui dévoua son âme aux juifs, au judaïsme et au pays juif. Ses mains sont innocentes et son cœur est pur. Il fut tué en martyr de Dieu le 14 Adar, jour de Pourim de l’an 5754 ». Le gouvernement israélien décida cette fois de frapper un grand coup, en dissolvant l’organisation qui exerce aujourd’hui sa terreur dans une semi-clandestinité. La même année, Kach est inscrite sur la liste des organisations terroristes du gouvernement des Etats-Unis.
Même si l’organisation a été dissoute, son enseignement lui survit. La mystique religieuse de ces fous de Dieu continue ainsi à imprégner les conceptions des colons les plus fanatiques. Plus grave : leur maximalisme jouit d’une tribune de plus en plus importante à mesure que les islamistes deviennent majoritaires en supplantant l’Autorité Palestinienne, et opposent à la purification ethnique des extrémistes juifs leurs propres velléités d’anéantissement de l’Etat d’Israël. L’engrenage ne semble plus pouvoir s’arrêter, tandis que les extrémistes réduisent au silence (parfois au sens propre, comme Yitzhak Rabin) les voix de la paix et de la raison dans leurs camps respectifs. Ce silence favorisant en retour le cycle infernal des représailles et les hurlements corollaires des extrémistes, luttant chacun pour l’anéantissement de l’autre. Ainsi, en réaction à l’attentat contre la Mercaz Harav de Jérusalem le 8 mars dernier, au cours duquel 8 étudiants talmudiques ont été massacrés par deux islamistes, le grand rabbin de Safed, Shmuel Eliyahu, a appelé dans sa newsletter « Eretz Yisrael Shelanu » à faire de la prévention d’une manière singulière, en suivant les méthodes des islamistes. En effet, il a demandé aux autorités israéliennes de « faire pendre à un arbre les enfants des terroristes à l’origine de cet attentat » considérant que les réponses d’antan - à savoir l’application de la loi du Talion - constituaient « un élément fondamental de la politique d’Israël » (cité par Haaretz, 14 avril 2008). C’est certain, ça va faire avancer le schmilblick !
Organisés en groupes armés, habités par une mystique religieuse et se sentant investis de la mission divine de défendre la Terre d’Israël, les colons fanatiques multiplient donc les raids punitifs contre les villages palestiniens qui ont pris ces derniers mois l’allure de véritables pogroms. Fidèles aux enseignements racistes des rabbins intégristes, ils entendent purger le sol de Dieu de la vermine arabe. L’un des centres névralgiques de cette folie collective est la colonie de Keryat Arba’a, à Hébron. Le 7 août dernier, l’attaque d’une cérémonie de mariage à Hébron a laissé un enfant dans le coma. Il y a trois jours, le 26 août, l’agence Wafa rapporte que des dizaines de colons se sont rassemblés pour jeter des pierres sur des maisons palestiniennes ; certains ont ouvert le feu, en tirant en l’air, semant la panique parmi les habitants. Ces justiciers de Dieu ne font qu’appliquer à la lettre les recommandations d’un ancien chef d’état major de l’armée israélienne, Rafael Eitan, un malade mental qui déclarait le 13 avril 1982 : « Quand nous aurons colonisé la terre, tout ce que les Arabes pourront faire à ce sujet, c’est s’agiter en tous sens, comme des cafards ivres pris au piège dans une bouteille. Jamais les Arabes n’auront droit à un seul pouce de la terre d’Eretz Israel ».
Aussi est-ce presque naturellement que le racisme suprémaciste de ces colons religieux a trouvé une convergence de vue inattendue avec… un groupe néo-nazi allemand ! Cette nouvelle stupéfiante a été révélée le 4 juin 2008 par le quotidien israélien Haaretz, et a fait grand bruit dans le pays. Les « Nationaux-Socialistes pour Israël » (« Nationale Sozialisten für Israel »), de leur petit nom, expliquent sur leur site internet que le droit à la domination des juifs sur l’ensemble d’Eretz Israël est ancré dans les grands principes du darwinisme social : « Les Juifs sont une nation saine et forte, qui a gagné le droit à la vie après avoir émergé de guerres sans fin », écrivent-ils. « Il est de notre devoir, en tant que néonazis, de défendre ce succès extraordinaire. Un succès, pas seulement pour le peuple allemand et la sphère culturelle européenne, mais aussi, en particulier, pour Israël lui-même ». Prodigieux, dites-moi : on jurerait lire Meir Kahane ! Sur l’un des autocollants vendus en ligne par ces « charmants néonazis », on voit une photo de soldats de Tsahal sous le titre : « Deux mille ans de combat pour la survie : notre respect à ceux qui le méritent amplement ! ». Les Néo-nazis pour Israël n’ont pas de mots assez durs pour fustiger leurs collègues du NPD, dont l’antisémitisme constitue logiquement une part importante du corpus idéologique. M’est avis que ces nazis sont un brin schizophrènes, tout de même ! Car ces doux dingues ont même une explication pour concilier leur soutien à Israël avec leur héritage idéologique, parmi lequel une certaine Shoah : accrochez-vous, c’est du lourd ! « Nous devons considérer ce que l’on désigne ordinairement par Holocauste dans un contexte d’actions d’autodéfense adoptées par des nations soumises à une menace » ! N’empêche, on se moque, mais c’est une explication qui n’est pas plus grotesque (ou pas moins grotesque, plutôt !) que celle avancée par John Hagee ou Ovadia Yosef ! Tout ça pour terminer sur une note d’humour dans ce monde de fanatiques, quand même. Et aussi pour rappeler que tous les extrémistes, d’où qu’ils soient, qui prétendent se combattre, partagent bien sûr le même projet.