DEUXIÈME PARTIE : L’ALLIANCE DES NÉOCONSERVATEURS AMÉRICAINS ET DES FAUCONS ISRAÉLIENS (3)

Publié le par Anomalie

La signature des accords d’Oslo a été marquée par une véritable poussée de fièvre extrémiste en Israël, l’extrême droite s’opposant radicalement, que ce soit pour des raisons politiques ou religieuses, à tout processus de paix qui sacrifierait la moindre parcelle de la terre sacrée d’Israël. Le point d’orgue de ce maximalisme visant à saboter tout espoir de résolution du conflit a bien sûr été l’assassinat de Yitzhak Rabin par le fascistoïde Ygal Amir ; le signataire des accords d’Oslo représentait en effet tout ce qu’exècre l’extrême droite : un homme de paix, hermétique à toute conception ethniciste ou religieuse de la nation. Tuer Rabin, c’était tuer un symbole : faire disparaître avec lui une certaine conception d’Israël, de ses fondements, et de son avenir. C’est dans ce contexte de tension extrême que le faucon Benyamin Netanyahu devait être élu en mai 1996 à la tête de l’Etat hébreu.


Pendant ce temps, aux Etats-Unis, les néoconservateurs 
s’organisaient autour d’une structure institutionnelle, le PNAC, afin d’avancer leur agenda pour « le nouveau siècle américain ». Rejetant également toute option de paix fondée sur les bases du processus d’Oslo, les néoconservateurs ont opéré une jonction naturelle avec les faucons du Likoud et l’extrême droite israélienne. C’est ainsi que dans le sillage de la fondation du PNAC, un groupe d’experts réunis par Richard Perle autour d’un think-tank néoconservateur basé en Israël, l’IASPS, a rédigé un document de travailfondamental remis le 8 juillet 1996 à Benyamin Netanyahu : « A Clean Break, a New Strategy for Securing the Realm » (« Une rupture nette : une nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume »). Il prévoyait l’annulation des accords de paix d’Oslo, la neutralisation de Yasser Arafat, et le renversement de Saddam Hussein en Irak pour déstabiliser en chaîne la Syrie et le Liban. Tous les fondamentaux de la politique néoconservatrice sont donc présents.

 


Jim Lobe et Michael Flynn, deux spécialistes américains du néoconservatisme, ont écrit une remarquable enquête, très fouillée, sur les étapes du lobbying néoconservateur dans les années 90 : « The Rise and Decline of the Neoconservatives ». Publié le 17 novembre 2006 sur le site internet RightWeb, le second volet de cette enquête couvre la période allant du « Clean Break », ce mémo s’opposant au processus d’Oslo adressé à Benyamin Netanyahu, jusqu’au 11 septembre, « divine surprise » qui a permis aux néoconservateurs de mettre en œuvre leur programme.

 



L’ascension et le déclin des Néo-conservateurs
[The Rise and Decline of the Neoconservatives]

 

Une rupture nette : Nouvelle stratégie pour sécuriser le royaume
[A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm]


Jim Lobe & Michael Flynn | November 17, 2006


À peu prés au même moment ou Kristol et Kagan développaient leurs idées et créaient une structure institutionnelle (le PNAC) pour les faucons partageant leurs idées, un groupe de travail de néoconservateurs pro-Likoud mené par Richard Perle à l’American Entreprise Institute et organisé par l’IASPS (Institute for Advanced Strategic and Political Studies) basé en Israël travaillait sur une stratégie pour affranchir Israël du processus de paix d’Oslo et de la formule de « la terre en échange de la paix » qui avaient présidé à la politique des États-Unis depuis la guerre israélo-arabe de 1967. Rédigé par David Wurmser avec l’appui d’un ensemble de conseillers néoconservateurs, y compris le protégé de Richard Perle (et plus tard sous-secrétaire pour la politique de défense) Douglas Feith, le document intitulé “Clean Break” cherchait essentiellement à persuader le Premier ministre israélien nouvellement élu Benyamin Netanyahu de « déstabiliser et faire reculer » le gouvernement baasiste en Syrie afin de transformer l’équilibre des forces régionales. Le document soulignait que le but serait atteint plus facilement si Saddam était remplacé par un gouvernement pro-Occidental : « [chasser] Saddam Hussein du pouvoir en Irak [est] un objectif stratégique israélien important en soi ». Wurmser, qui sous Bush a occupé des postes essentiels au Pentagone, au Département d’Etat, et qui depuis la fin 2003 a servi comme un de conseillers principaux de Dick Cheney sur le Moyen-Orient, a plus tard longuement développé ce thème dans des publications ultérieures.



Le PNAC a efficacement incorporé la stratégie régionale moyen-orientale « Clean Break » dans ses premiers rapports publics. En 1998, le PNAC publiait deux lettres ouvertes concernant l’Irak : une au Président Bill Clinton en janvier, et plusieurs mois après, une autre au leadership républicain du congrès. Ces missives affirmaient que la stratégie de retenue contre l’Irak n’était ni efficace ni soutenable. « La seule manière de protéger les Etats-Unis et Israël contre la menace des armes de destruction massive [est] de mettre en place des politiques qui mèneraient à chasser Saddam et son régime du pouvoir », notait la deuxième lettre. Parmi les signataires de ces lettres se trouvaient Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Peter Rodman, Elliott Abrams, Zalmay Khalilzad, William Bennett, Richard Perle, John Bolton, et deux personnes faisant partie de l’élite de la tendance réaliste en politique étrangère, Richard Armitage et Robert Zoellick, qui plus tard regretteront leur association avec les néoconservateurs. Les deux lettres ouvertes sur l’Irak devenaient une partie de l’effort de lobbying intense mené par les néoconservateurs pour un changement en la matière - Perle et Wolfowitz ont joué un rôle majeur dans cet effort- qui a eu comme conséquence le passage au Congrès plus tard dans la même année du Iraq Liberation Act, faisant du « changement de régime » en Irak la politique officielle des États-Unis.


[…]



Dans la course aux élections de 2000, le PNAC publiait
Rebuilding America’s Defenses [Reconstruire les défenses de l’Amérique] et Present Dangers [les dangers actuels], un mémorandum et un livre conçus pour créer une plateforme de politique étrangère pour le candidat présidentiel républicain. Quand George W. Bush a remporté les primaires républicaines, cependant, le PNAC et ses leaders néoconservateurs ont été déçus : Bush avait fait campagne sur l’idée que les Etats-Unis devraient être une puissance globale « humble ». Cette vue du candidat Bush est le fait de Condoleezza Rice, une protégée de l’ancien conseiller de sécurité nationale et réaliste notoire, Brent Scowcroft. Dans un article de 2000 dans le Foreign Affairs, Rice écrivait : « La réalité est que peu de grandes puissances peuvent radicalement affecter la paix, la stabilité, et la prospérité internationales ». Cette perspective était en désaccord flagrant avec l’agenda néoconservateur. Comme William Kristol l’a indiqué : « Nous n’avions pas de grands espoirs concernant Bush en tant que président de politique étrangère ».



Mais comme les premiers rendez-vous du Président Bush l’ont montré clairement, les néoconservateurs avaient peu de raison de désespérer. Sa déférence évidente pour Cheney a offert aux faucons un biais exceptionnellement influent pour agir, en particulier après que Cheney a choisi Lewis Libby pour assistant dans les affaires de sécurité nationale. C’était sous la suggestion de Dick Cheney qu’un deuxième membre fondateur du PNAC, Donald Rumsfeld, a été choisi comme secrétaire de la défense. De même, ce fut à la demande de Cheney que Paul Wolfowitz – plutôt que Richard Armitage, le candidat du secrétaire d’état Colin Powell – a été nommé assistant du secrétaire de la défense. Grâce a un lobbying appuyé de Richard Perle, Douglas Feith a obtenu d’être le porte-parole de la politique étrangère du Pentagone, un poste exceptionnellement influent dans l’optique de la Guerre d’Irak, tandis que Rodman se voyait propulsé secrétaire adjoint pour les affaires de sécurité internationale. Pendant les premiers mois de la nouvelle présidence, la question-clé était : qui donc Bush écoutait-il finalement ? Les réalistes, vraisemblablement menés par les favoris de son père, Condoleeza Rice et Colin Powell, ou les faucons, Donald Rumsfeld, Dick Cheney, et leurs conseillers essentiellement néoconservateurs ?



[…]


C’est le 11 septembre qui provoquera une bascule définitive de l’équilibre du pouvoir dans l’administration en faveur des faucons. Plus que toute autre faction politique aux Etats-Unis, les néoconservateurs ne pouvaient être mieux préparés a cet événement dramatique, leur permettant de répondre rapidement d’une manière conforme a leur agenda. Comme déjà indiqué ci-dessus, neuf jours seulement après le 11 septembre, le PNAC a publié sa lettre la plus provocatrice, invitant le président à renverser Saddam Hussein « même si les preuves ne relient pas directement l’Irak à l’attaque ».



Mais les membres du PNAC n’étaient pas les seuls à partager l’idée que le 11 septembre pouvait être utilisé comme tremplin pour le remodelage du Moyen-Orient. En effet, dans les heures qui ont suivi les attaques, Donald Rumsfeld a suggéré à un assistant que le 11 septembre pourrait être employé pour justifier le renversement de Saddam, selon des notes rendues publiques depuis. Le partisan le plus bruyant pour s’en prendre à l’Irak restait Paul Wolfowitz, qui avait fait pression dans ce sens à plusieurs reprises lors des réunions de Camp David pendant la première semaine critique qui avait suivi les attaques. Il apparaît qu’après le 11 septembre, le réseau des faucons et des néoconservateurs qui avaient fusionné autour de l’agenda fondateur du PNAC s’était mobilisé d’une manière solidement coordonnée pour façonner la réponse de l’administration aux attaques terroristes et pour rassembler l’opinion publique américaine derrière leur nouvel agenda.



[…]


Les plans des faucons au niveau régional avaient également commencé à être mis en œuvre peu de temps après le 9/11, comme l’a indiquée la réaction immédiate de Rumsfeld aux attaques et l’exhortation de Wolfowitz au cours des réunions de Camp David quelques jours plus tard.
Sans « plan militaire immédiatement disponible » (Bob Woodard) pour répondre à une attaque comme celle du 11 septembre, l’administration fut sensible à des idées qui semblaient avoir peu de liens avec le 11/9 - y compris des idées du « Clean Break », écrit le journaliste George Packer : « L’idée d’un remodelage du Moyen-Orient en renversant Saddam Hussein a été proposée la première fois par un groupe de décisionnaires politiques et d’intellectuels juifs qui étaient proches du Likoud. Et quand le deuxième Président Bush a regardé autour de lui pour trouver une manière d’appréhender l’ère inconnue qui s’était ouverte le 11 septembre 2001, il y en avait déjà une de disponible ». Le changement de régime en Irak, s’il était réalisé d’une manière suffisamment prononcée et décisive, transformerait non seulement l’équilibre des forces régionales, pensait-on, mais affirmerait également la puissance des États-Unis au cœur même du Moyen-Orient, démontrant aussi bien aux « états voyous » comme l’Iran qu’aux rivaux comme la Chine, que les États-Unis pouvaient intervenir unilatéralement dans une région riche en ressources dont dépendaient leur économie et leur puissance militaire.



Alors que les néoconservateurs fournissaient l’essentiel de l’agenda politique, ils dépendaient cependant fortement de Cheney et de Rumsfeld - tous deux des nationalistes agressifs ayant des liens étroits et anciens avec les néoconservateurs depuis l’administration Ford - quant à la manipulation du processus par lequel ce programme pouvait devenir une politique effective. Cet effort a été considérablement favorisé par l’impuissance de Rice, en tant que conseiller de sécurité nationale, à assurer le respect du processus traditionnel d’élaboration des politiques grâce a la collaboration entre les différentes agences, avec pour résultat que les décisions prises lors des réunions du Conseil de Sécurité Nationale [National Security Council] ont été souvent contournées ou tout simplement ignorées, en particulier par le Pentagone. En conséquence, le Département d’Etat s’est souvent trouvé marginalisé par ce que le chef de personnel de Powell, le colonel à la retraite Lawrence Wilkerson, a appelé plus tard une « cabale » menée par Cheney et Rumsfeld (qui ont été à leur tour soutenus et conseillés par des néoconservateurs de premier ordre comme Feith, Wolfowitz, et Libby).



Le même réseau a travaillé pour
manipuler les renseignements - grâce, d’une part à l’établissement de bureaux afin de rassembler ou passer en revue des renseignements bruts sélectionnés qui étaient envoyés directement à la Maison-Blanche sans analyse préalable par les analystes professionnels et d’autre part en harcelant et en faisant pression sur la communauté officielle du renseignement, notamment la CIA, pour qu’elle présente des analyses qui soient conformes à l’agenda du PNAC. Dans le même temps, les membres de l’administration et le DPB ont utilisé des médias sympathisant ou crédules - notamment le Weekly Standard, le Washington Times, Fox News et la page éditoriale du Wall Street Journal - et des journalistes (tels que Judith Miller du New York Times) pour la publication de fuites sélectionnées des évaluations des menaces par les services de renseignement afin de rallier l’opinion à la guerre.



Les progrès rapides réalisés dans l’accomplissement de l’agenda du PNAC montraient l’emprise des faucons et de leurs collaborateurs néoconservateurs sur les processus de prise de décisions en politique étrangère des États-Unis après le 11/9. Pratiquement sans bruit, Powell et les réalistes ont été marginalisés, tandis que les attentistes comme Rice approuvaient graduellement ou permettaient passivement au processus d’être détourné. Au mois de mai 2003, peu de temps après l’invasion, les néoconservateurs atteignaient le zénith de leur puissance.


Publication originale : RightWeb, traduction française Karim Loubnani.


 

Le document « Clean Break » est donc la manifestation de la seconde radicalisation israélienne, qui a suivi la signature des accords d’Oslo. Or « Clean Break » correspond presque point par point à un autre document, bien moins connu, écrit en 1982. Ce document constituait, lui, une réaction aux accords de Camp David. Après chaque avancée dans le processus de paix, un intense lobbying des radicaux s’attache ainsi à en saper les fondements pour réorienter la politique israélienne dans la direction voulue par les faucons. Beaucoup plus virulent, ce premier document de travail est paru en février 1982 dans la revue Kivunim, publication de la World Zionist Organization, sous la plume de Oded Yinon, géopoliticien proche du ministère israélien des Affaires Etrangères. Intitulé « A strategy for Israel in the Nineteen Eighties », ce document est consultable dans son intégralité ici (en anglais). L’idée est simple : substituer aux États hérités de l’effondrement de l’Empire ottoman des entités plus petites à caractère monoethniques, et neutraliser ces mini-États en les dressant en permanence les uns contre les autres. En clair : le prix de la sûreté d’Israël passe par le chaos à ses portes. « Diviser pour mieux régner », en somme, telle est la conception désastreuse des clowns néoconservateurs et de leurs alliés israéliens d’extrême droite. Voici quelques extraits parlants du document stratégique d’Oded Yinon :



« 
La désintégration de la Syrie et de l’Irak en provinces ethniquement ou religieusement homogènes, comme au Liban, est l’objectif prioritaire d’Israël, à long terme, sur son front Est ; à court terme, l’objectif est la dissolution militaire de ces Etats. La Syrie va se diviser en plusieurs états suivant les communautés ethniques, de telle sorte que la côte deviendra un Etat alaouite chiite ; la région d’Alep, un Etat sunnite ; à Damas, un autre Etat sunnite hostile à son voisin du Nord : les Druzes constitueront leur propre Etat, qui s’étendra sur notre Golan peut-être, et en tout cas dans le Haourân et en Jordanie du Nord. Cet Etat garantira la paix et la sécurité dans la région, à long terme : c’est un objectif qui est dès à présent à notre portée. L’Irak, pays à la fois riche en pétrole, et en proie à de graves dissensions internes, est un terrain de choix pour l’action d’Israël. Le démantèlement de ce pays nous importe plus encore que celui de la Syrie. L’Irak est plus fort que la Syrie ; à court terme, le pouvoir irakien est celui qui menace le plus la sécurité Israël. Une guerre entre l’Irak et la Syrie ou entre l’Irak et l’Iran désintègrera l’Etat irakien avant même qu’il ne puisse se préparer à une lutte contre nous. Tout conflit à l’intérieur du monde arabe nous est bénéfique à court terme et précipite le moment où l’Irak se divisera en fonction de ses communautés religieuses, comme la Syrie et le Liban. En Irak, une distribution en provinces, selon les ethnies et les religions, peut se faire de la même manière qu’en Syrie du temps de la domination ottomane. Trois Etats - ou davantage - se constitueront autour des trois villes principales : Bassorah, Bagdad et Mossoul ; et les régions chiites du sud se sépareront des sunnites et des kurdes du Nord. L’actuel conflit irano-irakien peut radicaliser cette polarisation ».

 



« Il est donc d’importance vitale pour nous de regagner le Sinaï, avec ses ressources, exploitées et potentielles : c’est pour nous un objectif politique prioritaire, que les accords de Camp David et les accords de paix nous empêchent de poursuivre. La faute en incombe au gouvernement israélien actuel et aux gouvernements qui ont ouvert la voie à la politique de compromis sur les territoires […]. Démanteler l’Egypte, amener sa décomposition en unités géographiques séparées : tel est l’objectif politique d’Israël sur son front occidental, dans les années 1980 […]. En ce qui concerne Israël, il nous faut désormais disperser la population, c’est un impératif stratégique. La Judée, la Samarie [c’est-à-dire la Cisjordanie, ndlr] la Galilée sont nos seules garanties d’existence nationale. Et si nous ne nous implantons pas de manière à être majoritaires dans les zones montagneuses, nous ne gouvernerons pas le pays. Notre but premier, essentiel aujourd’hui, est de rééquilibrer le pays sous le triple aspect démographique, stratégique et économique. Il faut coloniser tout le versant de la montagne qui s’étend depuis Birsheba jusqu’en Haute Galilée ; c’est un objectif essentiel de notre stratégie nationale : coloniser la montagne qui jusqu’à présent est vide de juifs ».

 



« La Jordanie, elle, est un objectif stratégique à court terme. En effet, une fois terminé le trop long règne de Hussein, remplacé par un pouvoir palestinien, le pays se désintégrera naturellement et ne constituera plus une menace pour l’avenir d’Israël ». Le reste est bien plus inquiétant, et confirme l’actualité de l’option du nettoyage ethnique pour créer une nation juive ethniquement pure : « La Jordanie ne peut plus survivre longtemps dans la structure actuelle et, la tactique d’Israël doit viser à liquider le régime jordanien et à transférer le pouvoir à la majorité palestinienne. Ce changement de régime en Jordanie résoudra le problème des territoires cisjordaniens à forte population arabe ;
par la guerre ou par les conditions de paix, il devra y avoir déportation des populations de ces territoires, et un strict contrôle économique et démographique – seuls garants d’une complète transformation de la Cisjordanie comme de la Transjordanie. À nous de tout faire pour accélérer ce processus et le faire aboutir dans un proche avenir. Il faut rejeter le plan d’autonomie et toute proposition de compromis, de partage des territoires ; étant donné les projets de l’OLP et des Arabes israéliens eux-mêmes (voir le plan de Shefar’ham) il n’est plus possible de laisser se perpétuer ici la situation actuelle sans séparer les deux nations : les Arabes en Jordanie et les juifs en Cisjordanie. Il n’y aura de véritable coexistence pacifique dans ce pays que lorsque les Arabes auront compris qu’ils ne connaîtront ni existence ni sécurité qu’une fois établie la domination juive du Jourdain jusqu’à la mer. Ils n’auront une nation propre et la sécurité qu’en Jordanie ».



C’est ainsi que les extrémistes juifs avancent progressivement leurs pions en Israël, pariant sur une marginalisation des partis politiques de gauche ou de centre-droit. Convaincus que le temps joue pour eux, les partis d’extrême droite sont aujourd’hui plus puissants que jamais en Israël. Mais ce sont surtout des rangs de formations extra-parlementaires violentes, émanations de colons racistes aux pulsions génocidaires, organisés en groupes d’autodéfense échappant à tout contrôle, que provient aujourd’hui la plus grande menace pour les Palestiniens mais aussi pour la société israélienne tout entière. Ces déments gorgés de mysticisme religieux et de délires bibliques s’adonnent à leur fantasme d’un royaume d’Israël nettoyé des « serpents » arabes en menant des raids parfois meurtriers sur les villages palestiniens. Maintes fois interdites par les gouvernements successifs, certaines organisations de colons (comme le groupe terroriste et raciste Kach) se sont retranchées dans des bastions radicaux en Cisjordanie, autour de la ville d’Hébron notamment, et constituent un véritable Etat dans l’Etat. Jusqu’à présent, les hommes politiques israéliens sont parvenus à contenir les assauts de ces djihadistes inversés, mais la tendance actuelle est inquiétante : de plus en plus soutenus à mesure que la représentation parlementaire de l’extrême droite augmente, ces désaxés préparent la colonisation du Grand Israël. 
Encore des amis de John Hagee et des néo-chrétiens


LIRE LA TROISIÈME PARTIE DE NOTRE DOSSIER : L'EXTRÊME DROITE PREND POSITION EN ISRAËL 


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Anomalie 30/08/2008 18:27


A Clean
Break :
A New
Strategy for Securing the Realm
 
 
Following is a report prepared by ‘The
Institute for Advanced Strategic and Political Studies’ « Study Group on a
New Israeli Strategy Toward 2000 ». The main substantive ideas in this
paper emerge from a discussion in which prominent opinion makers, including Richard
Perle, James
Colbert, Charles Fairbanks, Jr., Douglas Feith, Robert Loewenberg, David
Wurmser, and Meyrav Wurmser participated. The report, entitled « A Clean
Break : A New Strategy for Securing the Realm » is the framework for
a series of follow-up reports on strategy.
 
[Ndlr : nous retrouvons ici, cela
n’étonnera pas les lecteurs de ce blog, deux des principales figures
néoconservatrices du gouvernement Bush et de son entourage professionnel :
Douglas Feith et Richard Perle : voir ici l’article sur le PNAC]
 
 
Israel has a large problem. Labor Zionism,
which for 70 years has dominated the Zionist movement, has generated a stalled
and shackled economy. Efforts to salvage Israel’s socialist institutions—which
include pursuing supranational over national sovereignty and pursuing a peace
process that embraces the slogan, « New Middle East » - undermine the
legitimacy of the nation and lead Israel into strategic paralysis and the previous
government’s « peace process ». That peace process obscured the
evidence of eroding national critical mass— including a palpable sense of
national exhaustion—and forfeited strategic initiative. The loss of national
critical mass was illustrated best by Israel’s efforts to draw in the United
States to sell unpopular policies domestically, to agree to negotiate
sovereignty over its capital, and to respond with resignation to a spate of
terror so intense and tragic that it deterred Israelis from engaging in normal
daily functions, such as commuting to work in buses.
 
Benjamin Netanyahu’s government comes in with a
new set of ideas. While there are those who will counsel continuity, Israel has
the opportunity to make a clean break ; it can forge a peace process and strategy
based on an entirely new intellectual foundation, one that restores strategic
initiative and provides the nation the room to engage every possible energy on
rebuilding Zionism, the starting point of which must be economic reform. To
secure the nation’s streets and borders in the immediate future, Israel
can :
 

Work
closely with Turkey and Jordan to contain, destabilize, and roll-back some
of its most dangerous threats. This implies clean break from the slogan,
"comprehensive peace" to a traditional concept of strategy based
on balance of power.

 

Change
the nature of its relations with the Palestinians, including upholding the
right of hot pursuit for self defense into all Palestinian areas and
nurturing alternatives to Arafat’s exclusive grip on Palestinian society.

 

Forge
a new basis for relations with the United States—stressing self-reliance,
maturity, strategic cooperation on areas of mutual concern, and furthering
values inherent to the West. This can only be done if Israel takes serious
steps to terminate aid, which prevents economic reform.

 
This report is written with key passages of a
possible speech marked « text »,
that highlights the clean break which the new government has an opportunity to
make. The body of the report is the commentary explaining the purpose and
laying out the strategic context of the passages.
 
 
A New Approach to Peace
 
Early adoption of a bold, new perspective on
peace and security is imperative for the new prime minister. While the previous
government, and many abroad, may emphasize « land for peace » — which
placed Israel in the position of cultural, economic, political, diplomatic, and
military retreat — the new government can promote Western values and
traditions. Such an approach, which will be well received in the United States,
includes « peace for peace », « peace through strength »
and self reliance : the balance of power.
 
A new strategy to seize the initiative can be
introduced :
 
« We have for four years
pursued peace based on a New Middle East. We in Israel cannot play innocents
abroad in a world that is not innocent. Peace depends on the character and
behavior of our foes. We live in a dangerous neighborhood, with fragile states
and bitter rivalries. Displaying moral ambivalence between the effort to build
a Jewish state and the desire to annihilate it by trading "land for
peace" will not secure "peace now." Our claim to the land —to
which we have clung for hope for 2000 years--is legitimate and noble. It is not
within our own power, no matter how much we concede, to make peace
unilaterally. Only the unconditional acceptance by Arabs of our rights,
especially in their territorial dimension, "peace for peace," is a
solid basis for the future ».
 
 
Israel’s quest for peace emerges from, and does
not replace, the pursuit of its ideals. The Jewish people’s hunger for human
rights — burned into their identity by a 2000-year old dream to live free in
their own land — informs the concept of peace and reflects continuity of values
with Western and Jewish tradition. Israel can now embrace negotiations, but as
means, not ends, to pursue those ideals and demonstrate national steadfastness.
It can challenge police states; enforce compliance of agreements ; and insist
on minimal standards of accountability.
 
 
Securing the Northern Border
 
Syria challenges Israel on Lebanese soil. An
effective approach, and one with which American can sympathize, would be if
Israel seized the strategic initiative along its northern borders by engaging
Hizballah, Syria, and Iran, as the principal agents of aggression in Lebanon,
including by :
 

striking
Syria’s drug-money and counterfeiting infrastructure in Lebanon, all of
which focuses on Razi Qanan.

 

paralleling
Syria’s behavior by establishing the precedent that Syrian territory is
not immune to attacks emanating from Lebanon by Israeli proxy forces.

 

striking
Syrian military targets in Lebanon, and should that prove insufficient,
striking at select targets in Syria proper.

 
Israel also can take this opportunity to remind
the world of the nature of the Syrian regime. Syria repeatedly breaks its word.
It violated numerous agreements with the Turks, and has betrayed the United
States by continuing to occupy Lebanon in violation of the Taef agreement in
1989. Instead, Syria staged a sham election, installed a quisling regime, and
forced Lebanon to sign a "Brotherhood Agreement" in 1991, that
terminated Lebanese sovereignty. And Syria has begun colonizing Lebanon with
hundreds of thousands of Syrians, while killing tens of thousands of its own
citizens at a time, as it did in only three days in 1983 in Hama.
 
Under Syrian tutelage, the Lebanese drug trade,
for which local Syrian military officers receive protection payments,
flourishes. Syria’s regime supports the terrorist groups operationally and financially
in Lebanon and on its soil. Indeed, the Syrian-controlled Bekaa Valley in
Lebanon has become for terror what the Silicon Valley has become for computers.
The Bekaa Valley has become one of the main distribution sources, if not
production points, of the "supernote" — counterfeit US currency so
well done that it is impossible to detect.
 
« Negotiations with
repressive regimes like Syria’s require cautious realism. One cannot sensibly
assume the other side’s good faith. It is dangerous for Israel to deal naively
with a regime murderous of its own people, openly aggressive toward its
neighbors, criminally involved with international drug traffickers and
counterfeiters, and supportive of the most deadly terrorist
organizations ».
 
 
Given the nature of the regime in Damascus, it
is both natural and moral that Israel abandon the slogan "comprehensive
peace" and move to contain Syria, drawing attention to its weapons of mass
destruction program, and rejecting "land for peace" deals on the
Golan Heights.
 
Moving to a Traditional Balance of Power
Strategy
 
« We must distinguish
soberly and clearly friend from foe. We must make sure that our friends across
the Middle East never doubt the solidity or value of our friendship ».
 
 
Israel can shape its strategic environment, in
cooperation with Turkey and Jordan, by weakening, containing, and even rolling
back Syria. This effort can focus on removing Saddam Hussein from power in Iraq
— an important Israeli strategic objective in its own right — as a means of
foiling Syria’s regional ambitions. Jordan has challenged Syria's regional
ambitions recently by suggesting the restoration of the Hashemites in Iraq.
This has triggered a Jordanian-Syrian rivalry to which Asad has responded by
stepping up efforts to destabilize the Hashemite Kingdom, including using
infiltrations. Syria recently signaled that it and Iran might prefer a weak,
but barely surviving Saddam, if only to undermine and humiliate Jordan in its
efforts to remove Saddam.
 
But Syria enters this conflict with potential
weaknesses : Damascus is too preoccupied with dealing with the threatened new
regional equation to permit distractions of the Lebanese flank. And Damascus
fears that the 'natural axis' with Israel on one side, central Iraq and Turkey
on the other, and Jordan, in the center would squeeze and detach Syria from the
Saudi Peninsula. For Syria, this could be the prelude to a redrawing of the map
of the Middle East which would threaten Syria's territorial integrity.
 
Since Iraq's future could affect the strategic
balance in the Middle East profoundly, it would be understandable that Israel
has an interest in supporting the Hashemites in their efforts to redefine Iraq,
including such measures as : visiting Jordan as the first official state visit,
even before a visit to the United States, of the new Netanyahu government ;
supporting King Hussein by providing him with some tangible security measures
to protect his regime against Syrian subversion; encouraging — through
influence in the U.S. business community — investment in Jordan to structurally
shift Jordan’s economy away from dependence on Iraq; and diverting Syria’s
attention by using Lebanese opposition elements to destabilize Syrian control
of Lebanon.
 
Most important, it is understandable that
Israel has an interest supporting diplomatically, militarily and operationally
Turkey’s and Jordan’s actions against Syria, such as securing tribal alliances
with Arab tribes that cross into Syrian territory and are hostile to the Syrian
ruling elite.
 
King Hussein may have ideas for Israel in
bringing its Lebanon problem under control. The predominantly Shia population
of southern Lebanon has been tied for centuries to the Shia leadership in Najf,
Iraq rather than Iran. Were the Hashemites to control Iraq, they could use
their influence over Najf to help Israel wean the south Lebanese Shia away from
Hizballah, Iran, and Syria. Shia retain strong ties to the Hashemites: the Shia
venerate foremost the Prophet’s family, the direct descendants of which — and
in whose veins the blood of the Prophet flows — is King Hussein.
 
 
Changing the Nature of Relations with the
Palestinians
 
Israel has a chance to forge a new relationship
between itself and the Palestinians. First and foremost, Israel’s efforts to
secure its streets may require hot pursuit into Palestinian-controlled areas, a
justifiable practice with which Americans can sympathize.
 
A key element of peace is compliance with
agreements already signed. Therefore, Israel has the right to insist on
compliance, including closing Orient House and disbanding Jibril Rujoub’s
operatives in Jerusalem. Moreover, Israel and the United States can establish a
Joint Compliance Monitoring Committee to study periodically whether the PLO
meets minimum standards of compliance, authority and responsibility, human
rights, and judicial and fiduciary accountability.
 
« We believe that the
Palestinian Authority must be held to the same minimal standards of
accountability as other recipients of U.S. foreign aid. A firm peace cannot
tolerate repression and injustice. A regime that cannot fulfill the most
rudimentary obligations to its own people cannot be counted upon to fulfill its
obligations to its neighbors ».
 
Israel has no obligations under the Oslo
agreements if the PLO does not fulfill its obligations. If the PLO cannot
comply with these minimal standards, then it can be neither a hope for the
future nor a proper interlocutor for present. To prepare for this, Israel may
want to cultivate alternatives to Arafat’s base of power. Jordan has ideas on
this.
To emphasize the point that Israel regards the
actions of the PLO problematic, but not the Arab people, Israel might want to
consider making a special effort to reward friends and advance human rights
among Arabs. Many Arabs are willing to work with Israel ; identifying and
helping them are important. Israel may also find that many of her neighbors,
such as Jordan, have problems with Arafat and may want to cooperate. Israel may
also want to better integrate its own Arabs.
 
 
Forging A New U.S.-Israeli Relationship
 
In recent years, Israel invited active U.S.
intervention in Israel’s domestic and foreign policy for two reasons: to
overcome domestic opposition to "land for peace" concessions the
Israeli public could not digest, and to lure Arabs — through money, forgiveness
of past sins, and access to U.S. weapons — to negotiate. This strategy, which
required funneling American money to repressive and aggressive regimes, was
risky, expensive, and very costly for both the U.S. and Israel, and placed the
United States in roles is should neither have nor want.
 
Israel can make a clean break from the past and
establish a new vision for the U.S.-Israeli partnership based on self-reliance,
maturity and mutuality — not one focused narrowly on territorial disputes.
Israel’s new strategy — based on a shared philosophy of peace through strength
— reflects continuity with Western values by stressing that Israel is
self-reliant, does not need U.S. troops in any capacity to defend it, including
on the Golan Heights, and can manage its own affairs. Such self-reliance will
grant Israel greater freedom of action and remove a significant lever of
pressure used against it in the past.
 
To reinforce this point, the Prime Minister can
use his forthcoming visit to announce that Israel is now mature enough to cut
itself free immediately from at least U.S. economic aid and loan guarantees at
least, which prevent economic reform. [Military aid is separated for the moment
until adequate arrangements can be made to ensure that Israel will not
encounter supply problems in the means to defend itself]. As outlined in
another Institute report, Israel can become self-reliant only by, in a bold
stroke rather than in increments, liberalizing its economy, cutting taxes,
relegislating a free-processing zone, and selling-off public lands and
enterprises — moves which will electrify and find support from a broad
bipartisan spectrum of key pro-Israeli Congressional leaders, including Speaker
of the House, Newt Gingrich.
 
Israel can under these conditions better
cooperate with the U.S. to counter real threats to the region and the West’s
security. Mr. Netanyahu can highlight his desire to cooperate more closely with
the United States on anti-missile defense in order to remove the threat of blackmail
which even a weak and distant army can pose to either state. Not only would
such cooperation on missile defense counter a tangible physical threat to
Israel’s survival, but it would broaden Israel’s base of support among many in
the United States Congress who may know little about Israel, but care very much
about missile defense. Such broad support could be helpful in the effort to
move the U.S. embassy in Israel to Jerusalem.
 
To anticipate U.S. reactions and plan ways to
manage and constrain those reactions, Prime Minister Netanyahu can formulate
the policies and stress themes he favors in language familiar to the Americans
by tapping into themes of American administrations during the Cold War which
apply well to Israel. If Israel wants to test certain propositions that require
a benign American reaction, then the best time to do so is before November,
1996.
 
Conclusions : Transcending the Arab-Israeli
Conflict
 
« Israel will not only
contain its foes ; it will transcend them ».
 
Notable Arab intellectuals have written
extensively on their perception of Israel’s floundering and loss of national
identity. This perception has invited attack, blocked Israel from achieving
true peace, and offered hope for those who would destroy Israel. The previous strategy,
therefore, was leading the Middle East toward another Arab-Israeli war.
Israel’s new agenda can signal a clean break by abandoning a policy which
assumed exhaustion and allowed strategic retreat by reestablishing the
principle of preemption, rather than retaliation alone and by ceasing to absorb
blows to the nation without response.
 
Israel’s new strategic agenda can shape the
regional environment in ways that grant Israel the room to refocus its energies
back to where they are most needed: to rejuvenate its national idea, which can
only come through replacing Israel’s socialist foundations with a more sound
footing; and to overcome its "exhaustion," which threatens the
survival of the nation.
 
Ultimately, Israel can do more than simply
manage the Arab-Israeli conflict though war. No amount of weapons or victories
will grant Israel the peace its seeks. When Israel is on a sound economic
footing, and is free, powerful, and healthy internally, it will no longer
simply manage the Arab-Israeli conflict; it will transcend it. As a senior
Iraqi opposition leader said recently: "Israel must rejuvenate and
revitalize its moral and intellectual leadership. It is an important — if not
the most important--element in the history of the Middle East." Israel —
proud, wealthy, solid, and strong — would be the basis of a truly new and
peaceful Middle East.
 
 
Participants in the Study Group on « A
New Israeli Strategy Toward 2000 » :
Richard Perle, American Enterprise Institute, Study Group
Leader
James Colbert, Jewish Institute for National Security
Affairs
Charles Fairbanks Jr., Johns Hopkins University/SAIS
Douglas Feith, Feith and Zell Associates
Robert Loewenberg, President, Institute for Advanced
Strategic and Political Studies
Jonathan Torop, The Washington Institute for Near East Policy
David Wurmser, Institute for Advanced Strategic and
Political Studies
Meyrav Wurmser, Johns Hopkins University