PREMIÈRE PARTIE : « L’OPTION JORDANIENNE » OU LE « TRANSFERT » COMME SOLUTION À LA QUESTION PALESTINIENNE (2)

Publié le par Anomalie


On appelle « option jordanienne » pour la résolution de la question palestinienne la politique qui consiste à promouvoir le « transfert » de la population arabe vivant à l’ouest du Jourdain (c’est-à-dire dans les Territoires palestiniens de Cisjordanie) vers l’est du Jourdain (c’est-à-dire vers la Jordanie actuelle). La formule des adeptes de cette solution est on ne peut plus claire : « il existe déjà un Etat palestinien, c’est la Jordanie ». Pour comprendre l’origine de « l’option jordanienne », il faut remonter à l’époque de la Palestine mandataire sous administration britannique.


En avril 1920, la conférence de San Remo octroie aux Britanniques un mandat sur la Palestine. Ce que l’on appelait alors Palestine était un vaste territoire regroupant les Etats actuels d’Israël, des Territoires occupés, et de la Jordanie. En septembre 1922, les Britanniques coupent ce territoire en deux : à l’est du Jourdain, ils fondent le royaume hachémite de Transjordanie (future Jordanie), et placent à sa tête le roi Abdallah. Le territoire situé à l’ouest du Jourdain conserve le nom de Palestine, et c’est sur ce territoire que l’Agence juive commence à organiser l’immigration des Juifs. La plupart des chefs arabes refusent alors ce projet sioniste, et fomentent plusieurs révoltes contre les villages juifs. La situation devient explosive. Entre temps, le double jeu des Britanniques se retourne contre eux : après avoir promis aux sionistes que la Palestine (donc le territoire à l’ouest du Jourdain) serait placée « dans des conditions politiques, administratives et économiques qui permettront l’établissement d'un foyer national juif et le développement d’institutions d’auto-gouvernement » (déclaration de San Remo), ils font volte-face et promettent en 1939 que la Palestine deviendra un Etat indépendant unitaire (donc,
de facto, à majorité arabe) sous dix ans. Après la Seconde Guerre Mondiale, les sionistes entrent donc en guerre contre les Britanniques, et s’organisent en groupes radicaux (Irgoun, Lehi), parfois terroristes. Finalement, menacée d’enlisement, la Grande-Bretagne remet son mandat à l’ONU, et l’Assemblée générale décide le 30 novembre 1947 de partager la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. La naissance de l’Etat d’Israël est officiellement proclamée le 15 mai 1948. L’Etat arabe, lui, ne verra jamais le jour : ce sont ce que l’on appelle, depuis la Guerre des Six Jours de 1967, les Territoires occupés.



Repoussant opportunément plus de 80 ans d’Histoire, les tenants de l’option jordanienne se fondent, eux, sur le premier partage de la Palestine mandataire effectué par les Britanniques en 1922 pour justifier leurs prétentions sur l’ensemble des terres à l’Ouest du Jourdain. En somme, selon eux, plus de 70% de la Palestine est déjà revenu aux Arabes (c’est la Jordanie), les 30% restants, le territoire actuel d’Israël et la Cisjordanie, doivent revenir aux Juifs. « Les Palestiniens ont déjà un Etat, c’est la Jordanie », clament-ils. Depuis 1922, il ne s’est rien passé ! La Cisjordanie doit demeurer de toute éternité la Judée Samarie, terre des Juifs selon la Bible. Or une telle conception implique une décision inévitable : le « transfert » (c’est le terme utilisé) de tous les Arabes vivant en Judée Samarie (Cisjordanie) vers les Etats arabes voisins.

 



L’idée de transfert a germé dès les années 40, sous la plume d’un personnage important du mouvement sioniste : Yosef Weitz. Yosef Weitz a été directeur du département foncier du Fonds national Juif des années 30 jusqu’à la formation de l’Etat d’Israël, puis conseiller de David Ben Gourion. Dans son Journal en date du 9 décembre 1940, il exprime de manière limpide ce qu’il entend par ce bel euphémisme de « transfert » : « Il faut que ce soit clair : il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays… La seule solution est la terre d’Israël, du moins la terre occidentale d’Israël, sans Arabes. Il n’y a pas de compromis possible sur ce point. Il n’y a pas d’autres moyens sinon le transfert des Arabes d’ici vers les pays voisins, les transférer tous… Il ne doit rester aucun village, aucune tribu, tous doivent être transférés vers l’Irak et la Syrie, et même à l’est du Jourdain. Pour exécuter cet objectif, il nous faut beaucoup d’argent. Après le transfert, le pays peut intégrer des millions de nos frères et la solution juive trouvera une fin et une solution ». Le 22 juin 1941, il précise encore sa pensée, en y adjoignant une définition du Grand Israël aux frontières bibliques : « La terre d’Israël n’est pas si petite que cela, à la condition que les Arabes en soient déplacés, et que ses frontières soient un petit peu élargies… Vers le Nord jusqu’au fleuve Litani, et vers l’Est jusqu’au Plateau du Golan. Quant aux Arabes, ils doivent être transférés dans le nord de la Syrie et en Irak. Voilà pourquoi, dès maintenant, nous devons réfléchir à un plan qui établirait l’éloignement des Arabes de notre terre. Aujourd’hui, il n’y a aucune autre alternative. Nous ne vivrons pas ici avec des Arabes ».

 

 



Nous avons là la matrice idéologique de l’extrême droite israélienne. Elle utilise aujourd’hui le même argumentaire : refus des accords de paix pour ne pas céder un pouce du Grand Israël aux frontières bibliques (Eretz Israël), transfert des populations arabes au delà du Jourdain, annexion de la Cisjordanie (Judée Samarie), du Plateau du Golan, du Sud-Liban et du Sinaï à Israël. Ce qui implique des guerres contre la Syrie, le Liban et l’Egypte. L’argumentaire des intégristes religieux recouvre sensiblement la même réalité, mais repose sur une lecture littérale des descriptions du royaume d’Israël biblique et le respect du commandement divin.
 


À ce stade, soyons clairs à notre tour, et appelons les choses par leur nom : ce que les extrémistes israéliens nomment pudiquement « transfert », c’est donc le
déplacement forcé de l’ensemble d’une population considérée comme parasitaire. En langage non politiquement correct, on appelle cela une déportation. Stricto sensu. Le « transfert » est un doux euphémisme qui masque une réalité bien moins plaisante : la purification ethnique. Cette volonté de purger la terre d’Israël de tout élément non-juif est ainsi l’objectif de l’extrême droite autour de laquelle gravitent des rabbins fanatiques aux pulsions génocidaires, comme nous le verrons longuement dans la troisième partie de ce dossier.



En attendant, arrêtons-nous sur le concept de « transfert ». Pour être précis, il existe deux options différentes, quoique complémentaires, défendues par les extrémistes israéliens : une solution « soft » et une solution « hard ».



La solution « soft » : le plan de paix Elon, du nom de Benyamin Elon, dirigeant du parti de droite radicale Moledet. Le plan Elon, rejeté par la quasi-totalité de la classe politique israélienne, a en revanche reçu un écho assez favorable auprès de la population israélienne, selon un sondage réalisé en 2005. Il s’oppose aux propositions de désengagement progressif des Territoires occupés, qui prévalent depuis 1967, et qui ont servi de base à tous les plans de paix (Camp David, processus d’Oslo, feuille de route). Le plan Elon repose au contraire sur une annexion rapide de la Cisjordanie et de Gaza par Israël, la dissolution de l’Autorité palestinienne, et le transfert « volontaire » (sic) des Palestiniens vers les Etats arabes voisins. La Jordanie doit être reconnue comme l’unique représentante de l’Etat palestinien ; les Arabes qui ont choisi de rester sur le territoire à l’ouest du Jourdain jouiraient d’une forme d’autonomie politique mais sous autorité souveraine israélienne. Cette solution a été adoptée par le ministre Effie Eitam, illuminé au racisme assumé, et membre du parti d’extrême droite Mafdal (Parti National-Religieux). Ce fanatique, sur les propos duquel nous reviendrons dans notre troisième partie, indique « qu’il n’est pas question d’octroyer aux Arabes la souveraineté et une armée sur la moindre parcelle d’Eretz Israël (aux frontières bibliques) située à l’ouest du Jourdain ». Il ajoute qu’une « solution régionale et territoriale au problème palestinien doit être trouvée dans le Sinaï égyptien et en Jordanie ».



La solution « hard » : le plan Locke. Robert Locke est un ancien éditorialiste du webzine néoconservateur FrontPage Mag, dont il a été exclu pour incitation à la haine raciale et apologie d’épuration ethnique. Alors qu’il faisait encore partie de l’équipe de FrontPage, il a en effet donné un article pour le site racialiste américain VDARE, dans lequel il expose son « plan de paix » pour la résolution du conflit israélo-palestinien. Publié le 8 juillet 2003, ce papier intitulé « Is Population transfer the solution to the Palestinian Problem – and some others ? » est sans ambiguïté. Robert Locke propose de déporter l’ensemble de la population arabe vivant sur le territoire du Grand Israël vers la Jordanie, par l’usage de la force. Le but : un Etat juif ethniquement pur. Les Arabes israéliens seraient également déchus de leur nationalité. Pour mener à bien cette déportation, Israël devra conquérir militairement une partie de la rive est du Jourdain afin d’y parquer provisoirement les Palestiniens réticents. Ce plan correspond aux aspirations de la faction la plus extrémiste du Parti National-Religieux, et surtout des colons les plus fanatisés, regroupés autour du mouvement ultrareligieux et terroriste Kach.





Le parti d’extrême droite Israël Beitenou, créé en 1999 par Avigdor Lieberman, focalise pour sa part son discours autour d’une épuration des Arabes israéliens, présentés comme une « bombe à retardement » dans le corps sain du pays. Fin mai 2004, il a préconisé un « plan » d’échanges territoriaux et de populations entre Israël et l’Autorité palestinienne, « pour créer deux Etats ethniquement homogènes ». Ce plan de modification des frontières d’Israël (afin de séparer la majorité juive du 1,4 million d’Arabes israéliens, dont la loyauté à l’Etat hébreu est régulièrement mise en doute par Lieberman), constitue l’essentiel de la plate-forme politique d’Israël Beitenou. À l’adresse des députés arabes de la Knesset, Lieberman a formalisé ses menaces de déplacement de population en lançant : « Vous [les Arabes israéliens, ndlr] êtes ici à titre temporaire, et un jour, nous nous occuperons de vous ». Un discours qui en rappelle un autre… Exactement le même avertissement lancé au Parlement de Bosnie en février 1992 par Radovan Karadzic, à l’adresse des députés musulmans… On sait comment l’histoire s’est terminée. Ministre des affaires stratégiques du gouvernement Olmert, Avigdor Lieberman a démissionné de son poste le 16 janvier 2008 pour condamner les pourparlers de paix engagés par le gouvernement avec l’Autorité palestinienne.



Le « transfert » des Arabes de Palestine est ainsi une pulsion récurrente en Israël. L’autre volet du projet suprémaciste juif est la réorientation totale du processus de paix. Les accords de Camp David en 1979 ont marqué la première radicalisation de certains acteurs politiques israéliens, désireux de liquider l’option « deux peuples pour une terre ». Le processus de paix d’Oslo en 1993 a donné le coup d’envoi de la seconde radicalisation, qui a abouti à l’élection du faucon Benyamin Netanyahu. Comment se manifeste cette radicalisation ? À chacun de ces moments-clé, un intense lobbying était mené par des think-tanks favorables aux thèses bellicistes afin de convaincre les dirigeants politiques d’adopter des solutions proches des thèses néoconservatrices pour le règlement de la question palestinienne et la promotion de la sécurité d’Israël au milieu d’un environnement hostile. C'est ce que nous allons détailler dans la seconde partie de notre dossier.



SECONDE PARTIE DE NOTRE DOSSIER : L'ALLIANCE DES NÉOCONSERVATEURS AMÉRICAINS ET DE LA DROITE RADICALE ISRAÉLIENNE
 

 

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labor day 2015 sales 05/09/2015 09:01

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Aestilli Ellie 26/05/2010 02:33



D'ailleurs il est important de se souvenir que l'option jordanienne, avant d'être défendue par la droite israélienne, était défendue par les travaillistes. D'ailleurs, historiquement, la Jordanie
a été créée par la SDN en ce but : que les Arabes de Palestine aient un Etat.


Ils le refusèrent en 48, maintenant qu'ils le réclament, il est normal qu'il se fasse à l'endroit qui a été historiquement conçu pour cela.



Aestilli Ellie 26/05/2010 02:30



D'ailleurs il est important de se souvenir que l'option jordanienne, avan d'être défendue par la droite israélienne, était défendue par les travaillistes. D'ailleurs, historiquement, la Jordanie
a été créée par la SDN en ce but : que les Arabes de Palestine aient un Etat. Ils le refusèrent en 48, maintenant qu'ils le réclament, il est normal qu'il se fasse à l'endroiy qui a été conçu
pour cela.



Aestilli Ellie 26/05/2010 02:15



L'option jordanienne n'a rien à voir avec l'extrême droite israélienne. Le fait est que la déclaration Balfour établissait le Foyer National Juif sur la partie occidentale du Jourdain et la
Palestine arabe sur la partie orientale su Jourdain. La Société Des Nations a enteriné la déclaration Balfour et a exigé des Britanniques qu'ils donnent la partie orientale (77 % de la Palestine
mandataire) aux Arabes et les 23 % restants aux Juifs. Les Britanniques ont donné la partie orientale de la Palestine aux Aranes et ont placé un Haschémite à sa tête. Cette partie, les
Britanniques l'ont alors nommée "Transjordan", la Transjordanie en Français, et la Transjordanie devint la Jordanie quelques décénies plus tard.


Historiquement, la Jordanie EST palestinienne. Les Jordaniens sont des Arabes composés des mêmes tribus que les Palestiniens, la ressemblance entre les deux drapeaux n’est pas une coïncidence et
les couleurs de ces drapeaux ont une signification très précises : elles indiquent les tribus qui composent ces groupes :
Rouge pour les Hachémites
Vert pour les Fatimides
Blanc pour les Umayyades
Noir pour les Abbasides


(cf. les drapeaux : http://largument.over-blog.com/article-histoire-de-la-palestine-israel-partie-2-48143721.html )


L’idée d’un Etat palestinien composé de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie n’est viable ni pour les Palestiniens (l’Etat de Palestine serait coupé en deux) ni pour les Israéliens (l’Etat
d’Israël serait étranglé par les deux parties de l’Etat palestinien).


J’avais d’ailleurs lu un article dans lequel il était écrit qu’un représentant de l’Autorité Palestinienne créerait unilatéralement un Etat palestinien d’ici peu suivant le partage de la
Palestine mandataire (donc, et c’est ce que j’en ai compris, sur la partie que les Britanniques ont nommé “Transjordanie” (“Transjordan”, en Anglais) si les Israéliens ne cédaient pas à leurs
exigences.


Les Palestiniens ne sont donc pas contre cette idée de faire de la Jordanie l’Etat de Palestine.


Mais l’idée de répartir selon la Déclaration Balfour, entérinée par la Société Des Nations (la SDN), ancêtre de l’ONU, avec ce qui devint plus tard la Transjordanie pour Etat palestinien et
l’autre côté, pour le Foyer National Juif, l’Etat d’Israël, est de loin la meilleure de toutes.


En tous cas, l’idée est excellente et elle semble être de plus en plus envisagée officiellement. Ce serait mieux pour tout le monde ainsi.


ATTENTION : le problème n'est pas qu'Israël ne veut pas vivre avec les Arabes (il a intégré les Arabes vivant en Israël jusqu'aux sphères décisionnelles de la Knesset, le parlement israélien),
c'est que les Arabes ne veulent pas reconnaître un Etat souverain juif et veulent aujourd'hui avoir leur Etat (ce qu'ils avaient refusé lorsque l'ONU proposa la création de deux Etats, un juif et
un arabe, côte à côte, en 1948). Et il est fondamental qu'ils aient leur Etat. Du temps où Israël n'envisageait pas la création d'un Etat palestinien, les détracteurs d'Israël le lui
reprochaient. Maintenant qu'il l'envisage de plus en plus sérieusement, ces mêmes détracteurs le lui reprochent, l'accusant de vouloir vivre entre Juifs, sans Arabes. Rien n'est plus faux. Les
Arabes israéliens resteront israéliens sauf, bien entendu, s'ils décident de vivre dans l'Etat palestinien. Mais là au moins, ils auront ce choix, qu'ils décident de migrer vers ce nouvel Etat ou
non.


L'idée n'est en aucun cas d'expulser qui que ce soit. L'idée d'expulser n'a, d'ailleurs, jamais été défendue ni par la droite israélienne, ni par la gauche.


 


Quant au Likoud, il est perçu par les ignares comme l'extrême droite israélienne mais c'est simplement un parti de droite. Le parti Israël Beitenou et avant lui le parti Ka'h sont les deux partis
d'extrême droite israélien. Ka'h est interdit en Israël depuis les années 80, depuis que son leader Kahana avait appelé au meurtre d'Arabes.



Anomalie 30/08/2008 18:23


Is Population Transfer the
Solution to the Palestinian Problem—And Some Others ?
 
By  Robert Locke
July 08, 2003
 
[Also by Robert Locke : Why The Pro-Life
Movement Should Support Immigration Reduction,  Valhalla of the Idiots Savant, A 90-DAY PAUSE—NOW!]
 
Let me lay my cards on the table: I am an
American supporter of Israel, non-Jewish but a philo-semite. Perhaps not all
VDARE.COM readers will agree with me. But the ideologies governing all Western
nations are closely interlinked. What happens in one nation is likely to happen
in the others. Nationalism as such is under systematic attack by globalist
ideology. We can no longer afford to fall into the classic trap that has always
bedeviled nationalists: instinctive difficulty in cooperating with the nationalists
of other nations.
 
Moreover, the central problem facing Israeli
nationalism at this moment is the Palestinian question—the presence, within the
borders of the national state, of a large, inassimilable, alienated population.
Because of current mass immigration, the U.S. and all the historic
nation-states of Europe are beginning to face the same problem. Ultimately,
they may have to consider some version of the same solution.
 
The current “road map” for peace will
self-destruct like all previous ones and for the same reason: the Palestinians
believe in eternal war against Israel. The world can go on proposing futile
peace plans—or it can consider a solution that would actually end the conflict:
the non-lethal but forcible expulsion of the Palestinians to Jordan.
 
(Arguably, Jordan is Palestine anyway, and has
been since at least 1923, when three-quarters of the League of Nations mandate
of Palestine was set up as the Emirate of Transjordan by the British and
reserved for Arabs. The Palestinians do not constitute a distinct nationality,
being racially, ethnically, linguistically, religiously, and culturally
indistinguishable from the majority of Jordan’s population.)
 
Population transfer is almost certainly the
only long-term solution—which is why 1/3 of the Israeli electorate already
favor it, usually in the form known as the “Elon Plan” after cabinet minister
Benny Elon. (One of Elon’s aides showed him a draft of this article—he seems to
have appreciated it but responded that his own intentions towards the Arabs
were more “peaceful.”)
 
The underlying principle is simple: borders
work. If the Palestinians live in Jordan and the Israelis in Israel, the
day-to-day bloodletting will cease. Suicide bombs and other attacks are only
possible when hostile populations have physical access to each other. Separate
them, and they can only attack each other by outright military invasion, which
Israel can defeat.
 
There is already a wall around Gaza. Since its
completion, not a single suicide bomber has emerged from that territory. Israel
is currently building a wall around the West Bank. Since the effectiveness of a
wall depends on its ability to establish a “sterile” zone inside it, it is time
to follow this policy to its logical conclusion and plan the removal of the threat-bearing
population.
 
This is the point in the argument where most
people blanch. But this is based on the mistaken assumption that population
transfer must be brutal, like the Turkish genocide of the Armenians or Stalin’s
deportation of the Crimean Tatars.
 
But it is the genocidal aspect of “ethnic
cleansing” that decent people rightly object to. Non-genocidal ethnic
cleansing—even if nothing to be taken lightly—is another question entirely.
 
Involuntary population transfer obviously
cannot be wholly peaceful and fair. But if properly organized and carried out
in a disciplined manner, it can be done with a tolerably low level of violence,
i.e. one involving less long-term bloodshed than the current situation, in
which people are dying every day. It would not require machine-gunning people
in the streets.
 
The key would be a graduated system of carrots
and sticks. Those Palestinians who left in response to a minor prod would
receive nothing stronger. But those who required a stronger push would get it.
 
The ethical principle is that any given
Palestinian would only get as much rough treatment as he brought on his own
head by failing to leave sooner.
 
Transfer would have to be inexorable,
relentless, and executed with the utmost self-discipline on the part of the
Israeli army. If it took 2-3 years to slowly squeeze the Palestinians out, this
would be acceptable, if it were the price of getting rid of them forever
without the mass slaughter that a Western liberal democracy like Israel cannot
countenance.
 
Logistically, population transfer would be
accomplished by Israel militarily occupying a small territory on the east bank
of the Jordan River and extruding the Palestinians there by squeezing them out
of the West Bank sector by sector. Jordan has shown in the past that she does
not like taking in Palestinian refugees, but will do so. In any case, Jordan
does not have the military muscle to object.
 
Things would play out something like this:
 
1)     As soon as the repatriation policy
is credibly announced, X% of the Palestinians see the writing on the wall and
leave.
 
2)     When a cash bribe is offered,
another X% go.
 
3)     When stiff taxes are imposed,
another X%.
 
4)     When arrangements for compensation
for lost property are put on a sliding scale rewarding those who leave soonest,
another X%.
 
5)     When Palestinians are fired from
their jobs, another X%.
 
6)     When they only receive an
unemployment check if mailed to an address outside Israel, another X%.
 
7)     When Palestinians are expelled from
schools and universities, another X%.
 
8)     When certain parts of pre-1967
Israel are declared “Palestinians-free zones,” another X%.
 
9)     When the electricity is turned off,
X%.
 
10)  When the water is turned off, X%.
 
11)  When sale of gasoline to
Palestinians is prohibited, X%.
 
12)  When sale of food to Palestinians is
prohibited, X%.
 
13)  When a 24-hr curfew is imposed, X%.
 
At various times, all of these measures have
actually been employed already. While they have motivated only about 250,000
Palestinians to leave, they have been proven to be physically and politically
possible. The key is to drive up the percentages in a dispassionate and
relentless way. The key to this is to apply these policies systematically and
with sufficient credibility to establish the futility of resistance.
 
Further measures would include :
 
1)     Ban all economic activity.
 
2)     Ban the importation of all
foodstuffs and destroy agriculture with aerial spraying. Naturally, this must
be combined with the provision of food to any refugee who leaves.
 
3)     Deplete the Palestinians’ aquifers;
this is happening anyway simply because there is a water shortage.
 
4)     Demolish housing and destroy all
possessions except those being loaded onto a bus to Jordan.
 
5)     Arrest Palestinians on the street
and deport them.
 
6)     Have the police physically drag
Palestinians from their homes.
 
7)     Have the army physically drag
Palestinians from their homes.
 
8)     Warn people their homes will be
blown up with them inside them if they don’t leave.
 
9)     Carry out threat 8.
 
The core tactic is simply to squeeze the
Palestinians out. The objective, of course, is not to kill them, so this must
be done sector-by-sector and combine the starvation of one sector with the
generous provision of free food in the sector immediately closer to the border.
As Palestinians fled the starved areas for areas where food was available, a military
cordon would be put up behind them.
 
The process would be repeated until they were
all out.
 
Governments all over the world regularly deport
people. It is a legitimate function of a sovereign state to determine that the
presence of certain persons is not in the national interest, to make it
illegal, and to enforce it. Even the United States, which has de facto given up
enforcing its southern border, still deports 300,000 people per year.
 
The closest precedents for population transfer
are the expulsion of millions of ethnic Germans from Eastern Europe following
World War II and the exchange of populations between Turkey and Greece after
World War I. Both precedents were bloodier than anything I’m proposing. But
both did settle longstanding issues that could not be settled any other way.
Both have been accepted as legitimate by the world at large.
 
Why not in Israel?
 
International opinion, contrary to leftist
myth, was long willing to contemplate population transfer. As Herbert Zweibon
of Americans For A Safe Israel has written,
 
“Zionist leaders from right and left
advocated it in the 1920s and 1930s. Two American presidents endorsed it in the
1940s. The British Labor Party made transfer of Arabs from Palestine part of
its official Middle East plank in 1944.” (Outpost, October 2002)
 
Indeed, some amount of population transfer has
always been accepted as part of the Oslo process—although Oslo envisaged
cleansing Gaza and part of the West Bank of Jews, not Palestinians.)
 
So why are people so shocked ?
 
The Arab states would obviously react
negatively to population transfer. But there is little they could do. With the
exception of Egypt and Jordan, they are already so hostile to Israel that it
could hardly make matters worse. Doubtless, the oil weapon will be discussed.
But swing producer Saudi Arabia is broke and needs every penny, our hand is on
Iraq’s oil spigot, and the Gulf States, unlike in 1974, hold significant assets
in the West that could be seized if they make trouble.
 
Morally, the Arab states have no standing to
complain. They have alternately brutalized and expelled the Palestinians within
their own borders, and they expelled nearly a million Jews after the founding
of the State of Israel in 1948.
 
If Israel follows through on this plan, it would
probably be prudent for the United States to distance itself in various ways,
perhaps by cutting off our billion dollars a year in economic aid. But, given
that Israel really needs to get off of American welfare anyway, this would not
be a serious problem.
 
Even the Palestinians will be better off if
they are forced to abandon their revanchist dream, which the other Arab states
have pushed on them for the sake of making them a weapon against Israel, and to
start constructing a normal society.
 
Twenty years from now, many Palestinians may
look back on the whole thing as irrelevant to their lives.
 
Population transfer is not a perfect solution.
Some people would get killed.
 
But the alternative is a low-intensity war in
which people are being killed every day. It would be a cauterizing but
effective end to the conflict, a cutting of the biggest Gordian knot in world
politics.
 
And it has, as I said, crucial implications for
other Western nations—including America.
 
 
 
Robert Locke is a former associate editor at FrontPageMagazine.com