LA TENTATION NATIONALE-RELIGIEUSE EN ISRAËL (1)
Comme nous l’avons fait pour l’offensive antisioniste et négationniste du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, et comme nous le ferons prochainement pour l’idéologie totalitaire des islamistes du Hamas, nous vous proposons un grand dossier en trois parties sur la tentation nationale-religieuse en Israël. Cette offensive des extrémistes de droite alliés aux intégristes religieux s’articule autour d’un axe central, dont l’éventualité n’est plus du tout exclue à terme : la déportation (le « transfert », dans la novlangue politiquement correcte des ultranationalistes israéliens) des Arabes hors du territoire d’un Israël aux frontières bibliques. Poussée par un lobbying intense des néoconservateurs américains, commencé dans les années 90, cette option gagne du terrain, soutenue par les néo-chrétiens et l’extrême droite israélienne. La droite du Likoud, qui s’est encore radicalisée avec Benyamin Netanyahu, pourrait être le premier grand parti de gouvernement à céder à cette politique extrémiste qui vise explicitement à enterrer les processus de paix successifs fondés sur les frontières de 1967, pour leur substituer une vision biblique, religieuse, et donc fantasmée, du Grand Israël. Les options défendues par la gauche et le centre-droit sont désormais en voie de marginalisation progressive dans l’opinion, de plus en plus sensible aux sirènes des extrémistes.
Nous consacrerons la première partie de ce dossier à la genèse de cette idée de « transfert », en analysant les fondements historiques sur lesquels s’appuient les justifications de « l’option jordanienne », c’est-à-dire la déportation des Palestiniens des Territoires occupés vers le royaume hachémite de Jordanie. Certains extrémistes vont même plus loin, et prônent une purification ethnique du sol d’Israël de toutes ses composantes arabes.
Nous verrons dans la seconde partie de notre dossier comment s’est progressivement constitué un axe allant du néoconservatisme à la droite dure du Likoud, en passant par les « chrétiens sionistes » américains et les intégristes religieux en Israël. Fidèle à son projet premier, cet axe a pour but de recomposer totalement le Moyen-Orient autour d’un Grand Israël, sentinelle du monde libre et tête de pont de la révolution néoconservatrice dans la région. Pour se faire, les scories travaillistes et laïques doivent être éradiquées dans le pays, ainsi que l’option de la négociation avec les Palestiniens et le processus de paix. En clair : refermer la séquence inaugurée par Camp David en 1979. La question palestinienne est détachée de l’inextricable situation de conflit larvé ou ouvert qui prévaut depuis l’indépendance d’Israël en 1948, pour ne devenir que partie de la « quatrième guerre mondiale » contre le terrorisme international. Comme l’enseignent les néoconservateurs, l’unilatéralisme guerrier doit devenir la pierre angulaire de la politique étrangère de l’Etat hébreu, afin d’isoler et de neutraliser toute menace à ses portes, en démantelant les « Etats exportateurs de terrorisme ». Les accords de Camp David, dans un premier temps, puis les accords d’Oslo, en 1993, ont constitué les moments clé de cette radicalisation.
Enfin, dans un troisième et dernier chapitre, nous étudierons le poids de l’extrême droite israélienne dans le paysage politique du pays. Les ultranationalistes et les intégristes ne sont pas uniquement représentés par des partis politiques, mais également par une myriade d’associations plus ou moins racistes, liées à des colons extrémistes dopés aux élucubrations bibliques, qui mènent une véritable guerre pour la terre, un djihad pour Eretz Israël. Certains, regroupés autour du mouvement terroriste et racialiste Kach, fondé par le rabbin psychopathe Meir Kahane, appellent ouvertement à la déportation violente des Arabes de Palestine.

comme solution à la question palestinienne
et des faucons israéliens