J'AI VU LA LUMIÈRE ! TÉMOIGNAGE DE FRÉDÉRICK SIGRIST À L'OLYMPIA

Publié le par Frédérick Sigrist

 

 

Zeus m’en soit témoin, j’ai vécu un moment féerique !

Le mardi 26 mai 2009, à 13h, j’arrive devant la mythique salle de l’Olympia et là, surprise ! Je vois sur la devanture mon nom en néon rouge, aux côtés des 13 autres artistes de la soirée. À ce stade, j’avais déjà conscience de vivre un moment particulier dans ma carrière ; le cerveau dans une sorte de coton, le coeur battant plus fort qu’à l’accoutumée, j’étais pas au bout de mes joies.

À l’intérieur de la salle, je suis rejoint par mon metteur en scène et ami Bertrand Constant, qui m’a soutenu toute la journée durant. Je dois avouer que bien que conséquente, la scène de l’Olympia s’est avérée moins impressionnante que dans mes fantasmes... La salle par contre, c’est une autre histoire ! 2500 places étalées sur 3 niveaux, ça fait grand... Très grand ! On est loin des 150 places du Point virgule.

Des répétitions techniques ont lieu toute la journée dans une ambiance un peu tendue, le stress a un coût et ça s’est senti. Néanmoins, l’important est de ne pas succomber aux sirènes du bellicisme, comme le disait Françoise Valance, ma première prof de théâtre : toute énergie dépensée en dehors de la scène est de l’énergie perdue !

20h30, 2500 personnes investissent la salle dans une cacophonie assourdissante. Derrière le rideau de scène, à travers quelques trous astucieusement placés, les artistes épient ce géant qui prend vie. Par chance, je parviens à localiser mes proches, en l’occurrence mon épouse et ma mère ; je les connais, elles doivent être aussi stressées que moi. Il est crucial pour moi de ne pas les décevoir, j’ai trop travaillé pour cela, depuis trop longtemps pour ne pas faire de cette représentation un moment unique.

Le spectacle débute et c’est déjà un tabac, Jérome Daran, Ben et Stéphane Joly ouvre divinement le bal, suivis par le grand Arnaud Cosson. Cet humoriste est incroyable, gentil, disponible et talentueux, c’est lui qui a donné le “LA” et il y a fort à parier que la réussite de ce spectacle est le corrolaire de son entrée en matière. Ensuite Olivier De Benoist, Yann Stotz, Alex Lutz, Camille Chamoux comfirment le succès. C’est un carton jusqu’à Gaspard Proust, l’humoriste cynique et désabusé qui a littéralement mis le feu à l’Olympia, un triomphe qui a envoyé le public aux Champs-Elysées ! (Le paradis grec, pas l’avenue, bande d’incultes !). La première partie s’achève sur l’intervention d’Yvette Leglaire. C’est l’entracte !

Là ça se complique, la pause dure 15 minutes, la tension du public risque de se relâcher, Gaspard a déchiré tandis que je dois ouvrir le bal dans la deuxième partie. je m’isole donc avec Bertrand, je me calme sous ses conseils et on répéte tout simplement. La question qui m’obsède : je suis capable de tenir une salle de 200 ou 300 personnes mais serai-je à la hauteur devant 2500 spectateurs ? Je vais bientôt le savoir.

Le spectacle reprend, Jérome et Ben m’introduisent, j’entre dans le noir, plein feu, c’est parti !

Première vanne, ça cartonne, les gens rient, je les tiens ! Calmement mais sûrement j’enchaîne et là, c’est la folie, le public trouve ça tellement drôle qu’il m’applaudit ! Énorme ! La confiance devient de l’assurance : je suis chez moi sur cette scène ! Deux vannes plus loin, rebelote, applaudissements ! Cela jusqu’à la fin des 10 minutes qui me sont imparties ! C’est merveilleux, je n’ai jamais pris un tel pied sur une scène. J’enchaîne les répliques en m’apercevant que je ne joue plus pour une somme de spectateurs assis de manière éparse dans la salle, mais pour une sorte de colosse au rire tonitruant qui m’observe de son oeil cyclopéen, incarné par cette poursuite aveuglante ! C’est David contre Goliath... Non c’est David avec Goliath, un Goliath aimant, au rire tonitruant.

Finalement je sors de scène sous les applaudissements, Ben m’accueille en coulisse avec un énorme sourire, on check ! Bertrand vient me féliciter à son tour, je le remercie du fond du coeur, je l’ai fait, j’ai fait un carton à l’Olympia. À l’heure où j’écris ces lignes, dès que je ferme les yeux, je revois défiler tout ça... C’est super, je peux le dire, j’ai vécu le plus beau moment de ma carrière. Merci.

(Lire également l'article d'Anomalie : Frédérick Sigrist triomphe à l'Olympia)


 

 

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