LA LUTTE ANTI-TERRORISTE SE PORTE BIEN

Publié le par Anomalie

Pendant que les néoconservateurs, de plus en plus inaudibles, persévèrent dans leur piteuse intoxication anti-Obama, la lutte contre le terrorisme – notamment islamiste – continue. Une note d’actualité du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) revient opportunément sur quatre récents succès, dont l’élimination de trois acteurs majeurs du djihadisme international : le chef des talibans du Pakistan, Baitullah Mehsud ; le responsable de la Jemah Islamiyah, Noordin Mohammed Top, coordinateur d’Al Qaida en Indonésie ; le cerveau des attentats d’Al Qaida en Tanzanie et au Kenya, Ali Sabeh Nabhan. La lutte classique contre le terrorisme, qui a précédé et survécu aux mandats de George W. Bush, montre une fois de plus qu’elle est la solution la plus efficace dans le combat de l’ombre contre les fous de Dieu. La « guerre contre le terrorisme » des néoconservateurs, en revanche, n’en finit plus d’engloutir l’Afghanistan et l’Irak sous une incurie et un amateurisme criminels. On le sait depuis longtemps (lire ICI le rapport de la Rand Corporation, et ICI celui de l’ICOS) : la « guerre contre le terrorisme » de l’administration Bush a été le pire ennemi de la lutte anti-terroriste, ouvrant les vannes à la formation de dizaines de milliers de djihadistes (Daniel Pipes, proche des néoconservateurs, et Francis Fukuyama, néoconservateur qui a pris ses distances, le reconnaissent également). Dans une remarquable enquête en neuf volets sur le huitième anniversaire du 11 Septembre, Timothy Noah, pour Slate, rappelle aux distraits ou aux zélateurs du désastre bushiste que « le nombre de djihadistes anti-occidentaux créés par la guerre en Irak dépasse le nombre de ceux qui ont été tués pendant la guerre en Irak. Après l’invasion américaine, l’Irak s’est soudain mis à grouiller de terroristes dévoués à Al Qaida ». Et pendant ce temps, les talibans reprenaient l’avantage du terrain en Afghanistan, les soldats tombaient comme des mouches dans des attaques de plus en sophistiquées, Al Qaida se réorganisait tranquillement dans les zones tribales pakistanaises, et Pervez Musharraf susurrait aux oreilles d’un Bush plus idiot que naïf qu’il contrôlait la situation, ce qui lui permettait de détourner à loisir l’aide occidentale. Un scénariste hollywoodien qui aurait présenté un projet cinématographique décrivant une situation aussi catastrophique aurait été gentiment renvoyé à ses études pour irréalisme ! Mais l’administration Bush, elle, a acheté le scénario, et l’a suivi à la lettre !


Doug Ireland, pour Bakchich.Info, rappelle également dans un implacable réquisitoire l’incurie d’une administration où la folie idéologique a pris le dessus sur la lutte anti-terroriste. « Le 6 août 2001, Bush recevait un briefing d’un analyste de la CIA mentionnant « qu’Oussama Ben Laden est déterminé à frapper les Etats-Unis ». Réponse de Bush : « Allright, you’ve covered your ass now » […] Un mois plus tard, Richard Clarke demandait l’autorisation d’utiliser des missiles Predator pour tuer Ben Laden. Et s’est vu opposer un refus net du Pentagone. Puis, après le 11 septembre, lorsque le chef d’Al Qaida était coincé à Tora Bora, la CIA a réclamé l’envoi de 800 soldats d’élite américains pour le capturer pendant sa fuite. Las ! Le président Bush en personne a alors confié cette mission aux Pakistanais, dont il est de notoriété publique que bon nombre de gradés de l’armée et des services de renseignements sont des sympathisants de Ben Laden. Bien évidemment le chef d’Al Qaida a réussi à prendre la tangente. En février 2002, le Général Tommy Franks raconte à un sénateur que Bush est en train de faire sortir du matériel de guerre d’Afghanistan pour envahir l’Irak. Afin de justifier cette guerre, un conseiller qui avait aidé la secrétaire d’Etat Condoleeza Rice à préparer son audition devant le Sénat peu avant l’invasion de l’Irak devait avouer plus tard : « nous avons choisi seulement les éléments susceptibles de montrer que le président était vraiment soucieux du problème que représentait Al Qaida mais, en réalité, ils [l’admistration Bush] s’en foutaient d’Al Qaida ». En juillet 2002, le chef des renseignements britanniques, selon le fameux mémorandum secret de Downing Street révélé en 2005, rapporte à Tony Blair, alors Premier ministre, que Bush et les Américains étaient en train de travestir et de maquiller les faits pour justifier une invasion de l’Irak […] ».


On comprend, devant une telle incompétence, pourquoi les néoconservateurs
s’acharnent à détourner l’intention, avec des formules creuses et idéologiques, sur l’action de Barack Obama…



NOTE D’ACTUALITÉ N°188 : QUATRE SUCCÈS MAJEURS DANS LA GUERRE CONTRE LE TERRORISME
Centre Français de Recherche sur le Renseignement
Alain Rodier | 19 septembre 2009


Au cours des deux derniers mois, quatre activistes importants ont été neutralisés : Baitullah Mehsud au Pakistan, Selvaras Pathmanathan en Malaisie, « Kenyan » Ali Saleh Nabhan en Somalie, et Noordin Mohammed Top en Indonésie.


Baitullah Mehsud, le chef des taliban pakistanais a été tué au Sud Waziristan par un drone de la CIA. Au Pakistan, ce redoutable chef de guerre était responsable de la mort de plus de 2000 personnes, principalement tuées lors d’attentats suicide depuis juillet 2007. Il est aussi soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de Benazir Bhutto, fait qu’il a formellement démenti. Il entretenait les meilleurs liens avec ses homologues afghans et Al Qaida, auxquels il assurait des bases arrière sûres dans les zones tribales pakistanaises. Sa mort a été un coup très rude pour les talibans pakistanais, qui avaient eu beaucoup de mal à coordonner leurs opérations. En effet, il était le seul à avoir pu imposer une sorte de coalition entre les différents groupes tribaux. Depuis son décès, ceux-ci s’entredéchirent de nouveau, ce qui facilite l’action du pouvoir central d’Islamabad. Il est plus facile d’amoindrir un mouvement insurrectionnel en jouant sur ses divisions internes qu’en l’affrontant directement.


Le 5 août, Selvaras Pathmanathan – alias KP – le nouveau chef des Tigres de l’Eelam Tamoul sri lankais (LTTE), est arrêté par les services secrets malaisiens (Malaysian Royal Intelligence) à proximité d’un hôtel, à Kuala Lumpur. Faisant l’objet d’une fiche de recherche de la part d’Interpol, il est discrètement extradé le 7 août vers Colombo via Bangkok. Bien que ce remplaçant de Velupillai Prabhakaran, le chef historique du LTTE tué le 19 mai 2009, prône l’abandon de la lutte armée au profit du combat politique, il a été par le passé responsable de l’approvisionnement en armements du mouvement tamoul en utilisant les Sea Pigeons, la composante logistique de la marine séparatiste baptisée les Sea Tigers. Sa disparition est un coup fatal porté au mouvement séparatiste sri lankais. En effet, aucune personnalité ne paraît aujourd’hui bénéficier du charisme nécessaire pour unifier les différentes factions tamoules.


Le 14 septembre, dans le Sud de la Somalie, un commando de forces spéciales américaines (Seals) a tué le Kenyan Ali Saleh Nabhan lors d’un raid héliporté. Cet activiste d’Al Qaida est accusé d’avoir participé aux attentats contre les représentations diplomatiques américaines de Nairobi (Kenya) et Dar es Salam (Tanzanie), en 1998, puis d’avoir dirigé des actions terroristes lancées contre des intérêts israéliens au Kenya, en novembre 2002. Depuis, il aurait rejoint les milices Shebab somaliennes [Déjà, Aden Hashi Ayro, le chef militaire des Shebab avait été tué par un bombardement américain en mai 2009]. C’est indéniablement un coup dur porté aux Shebab qui, après cette opération, ont littéralement appelé au secours tous les activistes étrangers pour qu’ils rejoignent leur combat. Cela tendrait également à démontrer que ces combattants internationalistes sont moins nombreux qu’annoncés ici ou là en Somalie.


Le 17 septembre, Noordin Mohammed Top est abattu lors d’un assaut donné contre une planque située à Solo sur l’île de Java (Indonésie). Ce Malaisien est considéré comme le principal responsable des attentats lancés par le mouvement Jemah Islamiyah (JI) indonésien depuis le début de la décennie : Bali en 2002 (202 tués) ; hôtel Marriott de Jakarta en 2003 (12 morts) ; et attaque simultanée dirigée contre deux hôtels de luxe (Marriott et Ritz-Carlton) toujours à Jakarta, le 17 juillet 2009 (7 tués). Trois autres activistes du JI – Bagus Budi Promoto, Ario Sudarso et Hadi Susilo – ont été éliminés en même temps que lui alors que deux autres étaient appréhendés – Rahamat Pudi Pradovo et Supono. La disparition de cet homme de terrain, spécialiste en explosifs, est une perte significative pour les mouvements islamiques en Extrême-Orient. En effet, non seulement il participait directement à des opérations terroristes, mais il formait également de nombreux artificiers qui mettaient ensuite son enseignement en pratique.


Des neutralisations d’une grande importance. Bien qu’il ne fasse aucun doute que ces responsables terroristes seront remplacés dans un proche avenir, ces neutralisations provoquent un effet psychologique important au sein de leurs organisations […] Dans la majorité des cas, ces opérations ont été réalisées avec des renseignements précis qui ne peuvent provenir que de sources humaines évoluant au sein même de ces mouvements (complétés par des renseignements recueillis par moyens techniques). Il en résulte une paranoïa exacerbée qui fait voir aux différents niveaux de responsabilité des traîtres partout. Cette paranoïa est à l’origine de nombreux règlements de comptes intérieurs et d’une perte de confiance qui oblitère l’efficacité opérationnelle de certains groupes terroristes […] Il faut bien constater que depuis 2001, les attentats de masse en Europe occidentale ont été rares – si l’on excepte ceux de Londres et de Madrid – et inexistants aux Etats-Unis. Cela semble découler de deux facteurs. D’abord, depuis 2001, les extrémistes sont fixés sur des champs de bataille bien définis : Irak, Afghanistan, Pakistan, Yémen, Somalie, Sahel. Ils y connaissent de nombreuses pertes, concernant souvent les meilleurs d’entre eux. Ensuite, les forces de sécurité occidentales ont gagné en efficacité, surtout grâce à une coopération interservices qui a été considérablement développée, particulièrement à l’international. De nombreuses tentatives d’attentats ont pu ainsi être déjouées avant d’avoir connu un début d’exécution […] Bien sûr, la guerre contre le terrorisme est loin d’être gagnée. D’ailleurs, cette expression est malpropre : on ne lutte pas contre un moyen (le terrorisme) mais contre des causes : en l’occurrence, l’extrémisme islamique. Ce combat ne peut être gagné que dans les cœurs. Il semble que l’on en soit encore bien loin, d’autant que nos sociétés démocratiques sont, par nature, sujettes à la guerre d’influence dans laquelle les islamistes sont passés maîtres. Comme du temps de Lénine, ils sont largement aidés en cela par les nombreux « imbéciles utiles ».
 


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sphax 02/10/2009 18:30


Puisque vous avez l'air d'aimer les bonnes nouvelles, en voici une autre :
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/10/02/le-chef-du-mouvement-islamique-d-ouzbekistan-tue-au-pakistan_1248181_3216.html Bien à vous