C’EST FAIT : LES ISLAMISTES SOMALIENS ONT PRIS BAÏDOA

Publié le par Anomalie

Nous l’avions annoncé dès le mois de novembre : les islamistes se sont finalement emparés, lundi 26 janvier, de la ville de Baïdoa, où siège le Parlement de transition somalien. Le porte-parole des Chebaab a assuré que la ville était désormais totalement entre leurs mains. Dernière étape avant la prise de Mogadiscio. Abandonné par son protecteur éthiopien, dont les derniers soldats ont quitté la Somalie la semaine dernière, le gouvernement central joue son va-tout pour éviter le carnage. Pendant deux ans, les troupes somaliennes avaient tenté de maintenir au pouvoir à Mogadiscio le Gouvernement fédéral de transition (TFG) du président Abdullahi Youssouf. Une structure contestée, corrompue et inefficace, soutenue contre vents et marées par une poignée de pays étrangers, des Etats-Unis à la Norvège, mais ne représentant en Somalie qu’une faction sous perfusion.

 

En décembre 2008, le président Youssouf, lâché par Addis-Abeba, était contraint de démissionner, abandonnant les bribes du pouvoir à son Premier ministre, Nur « Adde » Hassan Hussein. Il incombe désormais à celui-ci de faire l’impossible pour mettre en application des accords signés, en juin 2008, à Djibouti, entre le TFG et une faction de représentants islamistes, membres de l’Alliance pour la Re-libération de la Somalie (ARS), dont le leader, Sheikh Shariff Sheikh Ahmed, avait déjà dirigé les Tribunaux islamiques deux ans plus tôt.

 

Au final, c’est une coalition entre des groupes comptant parmi les moins extrémistes du spectre insurrectionnel somalien et des rescapés du TFG qui va tenter de s’imposer dans le sud du pays, en compétition avec les groupes radicaux chabaab. Botte secrète d’Addis-Abeba, les forces éthiopiennes, en se retirant, appuient certains groupes hostiles aux chabaab, telle la coalition proche des confréries soufies du Ahlus Sunna Wal-Jamaa, dans le centre du pays, qui sont entrés en guerre contre les salafistes pour des raisons de clan, de pouvoir mais aussi de religion. À Kismayo, des extrémistes ont eu le tort de profaner des tombes d’hommes saints vénérés par leurs confréries.

 

Les chabaab, de leur côté, se préoccupent en priorité de pousser au départ la force de l’Union africaine (UA) en Somalie, l’Amisom. Sous-entendant que, même en l’absence des Ethiopiens, le djihad continue, Mukhtar Robow « Abu Mansur », porte-parole de leur mouvement, a averti, jeudi : « Vous aviez pris l’habitude de voir les bases éthiopiennes attaquées quotidiennement. À partir de maintenant, vous entendrez que ce sont les bases de l’Union africaine qui ont été attaquées ». Une menace mise en application immédiatement, avec une attaque-suicide contre Villa Somalia, siège du pouvoir, qui a fait 13 morts…

 

Source : Le Monde


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Publié dans Islam et islamisme

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