EXCLUSIF : THE FLY - L'OPÉRA, UNE SPLENDEUR

Publié le par Anomalie

2 heures de pur bonheur ! J'ai eu la chance et le privilège d'assister ce soir à la générale de l'opéra d'Howard Shore mis en scène par le cultissime David Cronenberg d'après son chef d'oeuvre éponyme, the Fly (la Mouche dans nos contrées), réalisé en 1986. En exclusivité mondiale, et en présence de David Cronenberg, l'opéra donné au Théâtre du Châtelet à Paris est une véritable splendeur ! L'amateur exigeant de cinéma de genre et le plus que novice amateur d'art lyrique que je suis ne pouvait qu'attendre avec circonspection la première tentative de transposition d'un film d'horreur en opéra. Quand l'art méprisé par les cultureux rejoint l'art encensé par les élites, il y a de quoi être inquiet... Que nenni ! La bobine de Tonton David sort magnifiée de cette épreuve, comme un parachèvement de l'oeuvre ! L'extraordinaire mise en scène rehaussée par la sublime partition d'Howard Shore (dont le travail sur le Seigneur des Anneaux reste dans toutes les oreilles de cinéphile) ne sont pas étrangères à ce miracle ; par moment, on a l'impression d'assister à un drame expressionniste, impression renforcée par la noirceur industrielle du décor de Dante Ferretti. L'opéra est si "cinématographié" que l'on songe à une projection du Nosferatu de Murnau ou du Cabinet du docteur Caligari de Wiene avec l'orchestre sur scène. Cette alchimie plus que réussie entre atmosphère industrielle / expressionniste et canons de la tragédie grecque doit beaucoup au potentiel dramatique du matériau d'origine. "All Hail the New Flesh", incantation permanente reprise en écho par des choeurs inquiétants, est en soi une invitation à une plongée dans les thèmes de la science-fiction des années 50 qui auraient pris corps dans un tableau expressionniste allemand. Pour finir, mention spéciale à la dernière apparition de la créature, d'une puissance d'évocation et d'une force dramatique rares, qui ne manquera pas de ravir les fans du film... Pari plus que réussi, donc, et une fois de plus, chapeau bas, Monsieur Cronenberg. Et si finalement cet opéra annonçait, à l'instar de l'improbable hybridation mutante entre l'homme et la mouche, une possible fusion entre le cinéma de genre et l'art lyrique ? Ne parle-t-on pas déjà de space opera pour la saga Star Wars ? On peut rêver...

 

Publié dans Cinéma

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